“Afrique 50” The First French Anti-Colonization Documentary

Afrique 50 by Rene Vautier

I recently watched a documentary made by René Vautier, Afrique 50. This documentary is the first French anti-colonization movie ever made.  Vautier was assigned to French West Africa to make an educational film, but upon arrival he witnessed the appalling conditions of the Africans and the crimes committed against them by the French troops. The result was Afrique 50. For making this documentary, he was thrown in jail, and the documentary was banned for 40 years.

I loved Afrique 50 because it showed West Africa in 1950, a different side of it, and the African society with some of its strong culture and identity. It was a society of togetherness. Vautier tried to show different aspects of a normal day: artisans, farmers, weavers, women cooking, a hairdressing for both boys and girls, men called for prayers, fishermen, boat makers, herders, just normal life under the African sun.

He also showed colonization and its nefarious effects on African cultures and the fact that colonization did not help, but rather empoverished the Africans. He says, “a school is opened when the big companies need an accountant” (On ouvre une école quand les grosses companies ont besoin de comptables), or “a doctor is sent, when the big colonial companies risk running out of manpower” (on envoie un médécin quand les grosses compagnies coloniales risquent de manquer de main d’oeuvre).

Afrique 50 by Rene Vautier – The Empire Awaits you, Join the colonial

In his documentary, Vautier shows how the French destroyed entire villages, killed people, women, kids, pregnant women, etc, because the people were not able to bring in a quota of bananas, or cocoa, or rubber, i.e. to pay the tax which was the penny sum of 3700F.

Vautier says, “colonization is the reign of the vultures,” and these vultures are the big multinationals. He cites, Société Commerciale de l’Ouest Africain (650 millions F of profit in 1949), Compagnie française de l’Afrique occidentale (actuelle CFAO) (365 millions of profit in 1949), Dabom (180 millions of profit), L’Africaine Française, le Niger Français, La Compagnie Française de la Côte d’Ivoire, Unilever who made 11 billions 500 millions of profit in a year / 40 millions a day. Not much has changed today!

It also shows why Africa always looks underdeveloped. Isn’t it surprising to notice that today, lots of large-scale agriculture is not industrialized in sub-saharan Africa? Well because it costs less to these multinationals to have Africans labor fields with hoes, machetes, and more, than buying and maintaining turbines, or tractors. This is cheap labor!

Vautier says “A machine will do the job of 20 Blacks of course, but 20 blacks for 50F a day cost less to the company than the machine, so let’s use the Black” (Une machine ferait le travail de 20 noirs bien sûr, mais 20 noirs à 50F par jour reviennent moins cher qu’une machine, alors usons le noir).

Banana plantation in Cameroon

To this day, 70 years later, not much has changed in the rubber plantations of Liberia, or the cocoa plantations of Côte d’Ivoire, or the banana plantations of Cameroon, or in the forests of Gabon.

Africans are still asking for their lands which were taken by the multinationals (Did You Know about the 999-year Lease granted to Europeans in Kenya ?), and to this day the reply is always brutal and violent; when in the past they had the French administrator and police burn down villages, today they have their puppet governments installed everywhere on the continent crushing the people.

La grande mosquee de Djenne (Mali - heritage du grand empire du Mali)
La grande mosquee de Djenne (Mali – heritage du grand empire du Mali)

What I also liked in Afrique 50, was that in 1950, the architecture in Africa was still that of our ancestors. One can see Séguéla, Dimbokro, Kétékre, Daloa, Bouaflé, Palaka, etc… it still looks like the great architecture of Timbuktu and Djenné, sublime, and upstanding. The French came, destroyed, and burnt down those villages, and kingdoms. In the Bamiléké highlands of Cameroon, some kingdoms have no real palaces anymore, or the king’s house is made of zinc roofing, because the colonizers had them burnt down (such as the Bazou royal palace) in the 1950s during the maquis years (French President Acknowledges French Genocide in Cameroon) and before. The mud huts seen today across Africa are a result of years of being crushed and under constant attack by foreigners. When you are constantly attacked, you barely have time to rebuild the old ways, and also with time those with the architectural know-how pass away without passing on their knowledge, and more, we are told that building like the Europeans is sign of modernism even if it not adapted to our environment!

Please enjoy this documentary… It is a real eye-opener! Very little has changed in 70 years, the name has morphed from colonization to neo-colonization, to globalization, to cheap labor, and more!

Francafrique: Raison d’Etat

After the joke of elections held in Egypt this past month, and with all the turmoil in Libya, Mali, and Côte d’Ivoire, I thought it will be best to watch this great documentary by Patrick Benquet which stirred thoughts across French Africa since December 16, 2010, date of its official diffusion.  It tells you all about the tricks, and machiavelism of France (Africa’s policeman) in Africa, and of course the effect of the cold war on African leaders and countries. Enjoy the first part titled the Francafrique Reason of State (Raison d’Etat) and share with others! It is important to know!

‘Un ennemi de l’Afrique est tombé’ – Bye Bye Sarko

Nicolas Sarkozy battu
Nicolas Sarkozy battu

Avec la défaite de Nicolas Sarkozy battu Dimanche par Francois Hollande, j’ai trouvé bon de vous faire lire cet éditorial de Théophile Kouamouo du Nouveau Courrier. Je n’aurais pas pu mieux le formuler. Retrouvez l’intégralité de l’article sur Le blog de Théophile Kouamouo.

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L’Histoire retiendra que Nicolas Sarkozy aura été, après Valéry Giscard d’Estaing, le second président en exercice en France à perdre le pouvoir après un seul mandat. Comme Giscard, il laisse le pouvoir à la gauche, après avoir échoué à réunir les droites. Comme Giscard, il n’incarnait pas vraiment le gaullisme historique français, mais représentait une droite ouvertement libérale et atlantiste (alignée sur les Etats-Unis). Giscard est tombé avec en bruit de fond «l’affaire des diamants» de Jean-Bédel Bokassa, dont il avait complaisamment orchestré le sacre avant de le renverser. Sarkozy s’en va alors que s’enchaînent les révélations sur les 50 millions d’euros que Muammar Kadhafi lui aurait promis, pour financer sa campagne victorieuse de 2007… On connait la suite de l’idylle !

Nicolas Sarkozy, by Zapiro (source Grigrinews.com)
Nicolas Sarkozy, by Zapiro (source Grigrinews.com)

Bon débarras ! Un ennemi de l’Afrique indépendante s’en est allé, un adversaire déclaré des Africains vivant en France, Subsahariens et Maghrébins, est tombé. Ni remords, ni regrets. La carrière politique de cet homme qui aura amené la droite républicaine vers une impasse idéologique fascisante est finie. Nicolas Sarkozy est avocat, ça tombe bien pour lui. Il risque fort désormais d’avoir beaucoup de travail avec toutes les procédures judiciaires qui visent déjà ses proches – et qui l’atteindront bientôt – et qui témoignent toutes du rapport problématique à l’argent de sa coterie de profiteurs.

Dire que Nicolas Sarkozy a été un bourreau de l’Afrique n’est ni mentir ni exagérer. Cet homme a brisé tous les tabous et a fait de la souveraineté de la Côte d’Ivoire et de la Libye de simples chiffons de papier. Violent, il a lancé des milices assassines à l’assaut de ces nations. L’insécurité, les actes de génocide dans l’Ouest, l’activisme meurtrier des miliciens dozos en Côte d’Ivoire en témoignent. Le chaos libyen, la prolifération d’armes lourdes, la poussée salafiste, le Mali livré à des hordes salafistes dont certaines ont part liée avec Al-Qaida… tel est l’héritage mortifère de l’ancien maire de Neuilly dans la bande sahélo-saharienne. Nicolas Sarkozy aura été le président français le plus détesté en Afrique depuis les indépendances. Et sur le continent, on fêtera plusieurs jours sa fabuleuse débâcle. […] Lire la suite ici

Discours de Sarkozy à Dakar: le Début de la Recolonisation?

Nicolas Sarkozy, by Zapiro (source Grigrinews.com)
Nicolas Sarkozy, by Zapiro (source Grigrinews.com)

Avec les élections présidentielles en France, et surtout après le renversement des gouvernements légitimes et légaux de la Côte d’Ivoire et de la Libye par la France sous le commandement de Sarkozy, j’ai décidé de re-poster ici le discours de Sarkozy à Dakar le 26 Juillet 2007.  Il admet la faute historique de la colonisation, tout en rappelant ses “aspects positifs.” Mais la faute semble s’arrêter au lendemain des indépendances. Comme si, depuis 50 ans que les anciennes colonies françaises ont accédé à “l’indépendance”, la politique menée par la France, l’action de son armée, de ses services secrets, de ses entreprises n’avaient pas façonné l’Afrique contemporaine.  Si nous savions ce que nous savons aujourd’hui à ce moment-là, peut-être aurions-nous réagit différemment face au pillage de la Côte d’Ivoire et Libye?  Qu’à cela ne tienne, vous verrez dans son discours l’ampleur du cynisme, soif du pouvoir, racisme, condescendance, et mépris de l’Africain. Vous verrez aussi qu’il était déjà clair a ce moment-là, bien avant la chute financière de Wall Street, et de la zone Euro, que la recolonisation de l’Afrique avait commencé… L’ecrivain Achille Mbembe en fait une critique, et plutard aussi dans le Messager du 10 Août 2007.  Pour l’intégrale du discours, cliquez ici: Discours de Sarkozy a Dakar.

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Le pillage de l'Afrique
Le pillage de l’Afrique

“Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s’efface pas.
Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes.
Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. …
Et l’homme noir qui éternellement « entend de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit de l’un d’entre eux qu’on jette à la mer ». Cet homme noir qui ne peut s’empêcher de se répéter sans fin « Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ».[…]

Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail. […] Continue reading “Discours de Sarkozy à Dakar: le Début de la Recolonisation?”

The Biafran Civil War and the French Connection

Flag of the Biafra republic
Flag of the Biafra republic

With the death of C. Odumegwu Ojukwu, the leader of the breakaway Biafra Republic, I decided to talk about another chapter of the ‘françafrique’ book, i.e. the Biafran war.  At first everybody thought that it was just a Nigerian war, but it is more than that.  It is also a war about France’s position in Nigeria, and their support of the Biafra military, as well as their manipulation of the media.  How the word ‘genocide’ was used to influence public opinion… Jacques Foccart himself happily admitted choosing that word so as to get the attention of President de Gaulle and the French media.  Sadly this war, which lasted from 1967 to 1970, cost many Nigerian lives, for the French and European oil greed. Interesting how history repeats itself as in Sudan vs. South Sudan today!

Biafra before & after (source: MySpace.com/rememberbiafra)
Biafra before & after (source: MySpace.com/rememberbiafra)

The other day, I was talking to a Nigerian friend of mine, who did not even know that the French had played a major role in that war… see how we (Africans) barely know our history?  He was telling me about the Igbo, Haussa, and Yoruba, and forgot that the French were the ones supplying guns to the Biafrans for the war…  He did not even know that most of the Biafran leaders who ran away sought refuge in Côte d’Ivoire… why? why not Ghana, Benin, or Cameroon? why a French-speaking country further away? Again the French influence.  Somebody told me that Cameroon refused to help because then president Ahmadou Ahidjo in support of his Northern brothers refused to help supply guns… maybe, but why didn’t Ghana do it? or neighboring Benin? Why was the help coming from Gabon, who apparently had no interest in the story? well, because one of the biggest French military base in Africa was in Gabon (and Ivory Coast), and probably because a president in his right-mind would not accept that his territory be used to create war in someone else’s country, and also because someone like Kwame Nkrumah could already see the French connection in the deal.

Biafran note for 1 pound
Biafran note for 1 pound

The Biafran war is similar to the Angolan or Mozambique wars or so many other wars in Africa, where many of the strings were pulled by external forces while the African puppets danced on the scene and got killed from the ignorance, and greed of their own leaders.  Please watch this great documentary which sheds some light on the Biafran war, another chapter of the great françafrique.  It is so interesting how Corsica has been wanting their independence from France for ages, but is still not independent to this day.  Look at the United States of America, 50 states, as big as a continent,… but an entire country! Why not in Africa? in Africa, division rather than union is encouraged!

The New York Times wrote an article on Colonel Ojukwu, the one who proclaimed the Biafran republic. A beautiful article by Dr. S. Okechukwu Mezu talks of this Nigerian/Biafran leader. As for the Biafran war, check out: AfricaMasterWeb, ICE Case studies, there are many books written on the Biafra republic and the entire history (you can check out some books on Amazon) I read Half of a Yellow Sun, but I believe that there are better ones on the Biafran war out there (feel free to share if you know of really good ones)… there is a nice article titled Biafra war memories no victor no vanquished, and My memories of the Nigerian-Biafran Civil War

Franc CFA: Une Monnaie de Singe / CFA Franc: a Slave Currency

10,000FCFA (BEAC-1992)
10,000FCFA (BEAC-1992)

Suite à l’article sur la dévaluation imminente (ou pas) du Franc CFA, j’aimerais juste parler de l’histoire de cette monnaie de singe, car c’est vraiment incroyable que 15 pays africains aient soit-disant la même monnaie, le Franc CFA, et qu’ils ne puissent pas l’utiliser d’une zone à l’autre. Un Sénégalais ne peut pas aller à Yaoundé faire des achats avec ses CFA, car le CFA de l’Afrique de l’Ouest ne vaut rien en Afrique centrale, et vice versa.  Résultat: seulement 7-10 % de rapports commerciaux (import-export) existent entre les zones BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale) et BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Tous les échanges des anciennes colonies sont tournés vers la France! Donc, aucun échange réel entre pays parlant la même langue, ayant la même monnaie, et separés par moins de 2 h de vol! C’est comme si l’Euro de France ne valait rien en Allemagne ou en Espagne, et la monnaie devait être convertie!

Carte des pays de la zone CFA
Carte des pays de la zone CFA

Le Franc CFA ou franc des colonies françaises d’Afrique (plutard, les Français ont essayé de changer l’appellation pour endormir les consciences) fut instaurer pour la première fois en 1945 à la fin de la deuxième guerre mondiale.  C’est une monnaie de singe, car les anciennes colonies françaises versent au trésor de Paris 65 % de leurs revenus, et ensuite paient 20% pour assurer les fluctuations des marchés et couvrir les frais de la Banque de France.  De nos jours, ces anciennes colonies versent 50 % plus les 20%!  Imaginez-vous un seul instant: j’ai 100,000FCFA, et je dois remettre a quelqu’un 65,000 FCFA, et ajouter en plus 20,000 FCFA de frais…. Il ne me restera plus que 15,000 FCFA…  si mes poches hurlent de douleur…  imaginez un peu ce que 70 % ou 85% en plus ou en moins ferait au budget d’un pays tout entier?  Soit la pauvreté extrême, ou un certain équilibre budgétaire.

J’ai collectionné certains articles sur l’histoire du Franc CFA: Franc CFA- Wikipedia, Mamadou Koulibaly: Pourquoi le Franc CFA doit disparaitreLe Franc CFA un outil de controle politique et economiqueLe Franc CFA toujours contrôlé par ParisLe Franc CFA en Sursis … Lisez et regardez! Vous risquez d’être pris de dégoût! Le professeur Nicolas Agbohou que vous verrez dans cette vidéo a écrit un très bon livre a ce sujet: ‘Le Franc CFA et l’Euro contre l’Afrique.’

=========================== (In English →) Continue reading “Franc CFA: Une Monnaie de Singe / CFA Franc: a Slave Currency”

French-Algerian wars / Les guerres France – Algérie

As I see so many wars in Africa today: the war in Libya against an entire people for oil and money (let’s be frank on this), and the genocide perpetrated against Ivorian people… I read last week, that they were already numbering 28,00030,000 deaths in the city of Abidjan only. I don’t even dare thinking about how many died in the whole country, for Ouattara to be president! Now I understand why President Gbagbo always said that “Ouattara was the candidate of foreign powers”… and that is true: his entire security is done by French forces, French policemen are regulating traffic in Abidjan, sources say that there will be 1,000 French and Americans brought in to control Ivorian government officers and affairs… Am I dreaming or what? It’s like back in colonization time! As I cry for my friends in Libya on whom bombs are being dropped everyday in the name of ‘the protection of civilians’… I had to take you down memory lane, to talk about a neighboring country of Libya: Algeria, and the wars waged by France on Algeria which is exactly what we are seeing today in Cote d’Ivoire, and Libya. Such a brutal force shown by France and its allies on African soil is staggering… but it is not new! It was done earlier in Algeria, Madagascar, Cameroon and many other countries in Africa… except it was perpetrated over 50 years ago, and we thought that … well… we thought that that time was long gone. It is said that at least 150,000 people died in Algeria in 1954, and over 400,000 were killed in Cameroon in the 1960s… I warn those with frail hearts. Today, the page of imperialism has been re-opened, and it ain’t pretty!

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Aujourd’hui  je vois tant de guerres en Afrique: la guerre en Libye contre tout un peuple pour le pétrole et l’argent (soyons franc à ce sujet), et le génocide perpétré contre le peuple de Côte d’Ivoire pour son pétrole, cacao, café, diamants… Juste la semaine derniere on denombrait déjà 28.00030.000 morts dans la ville d’Abidjan seulement! Je n’ose meme pas pensé au nombre de morts qu’il y a eu dans tout le pays afin que Ouattara soit président! A présent je comprends pourquoi le President Gbagbo disait toujours que “Ouattara est le candidat de l’étranger.” Et c’est vrai: sa sécurité est assurée par les forces françaises, des gendarmes français réglementent la circulation à Abidjan; selon certaines sources d’ici peu, il y aura 1000 français et Américains pour s’assurer du contrôle des fonctionnaires ivoiriens et des affaires … Je rêve ou quoi? On se croirait au  temps de la colonisation! Je pleure pour mes amis libyens sur qui on largue des bombes au nom de la “protection des civils“.  Aujourd’hui, je vais faire un rappel de mémoire, et je vais parler d’un pays limitrophe à la Libye: l’Algérie et les guerres menées par la France en Algérie qui sont exactement ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire et en Libye. Une force d’une telle brutalité montrée par la France et ses alliés en Afrique est horrible… mais pas nouvelle! Cela a eu lieu plus tôt en Algérie, Madagascar, Cameroun et d’autres nations africaines…. mais c’était il y a plus de 50 ans, et nous avions cru que cette époque-la était révolue! Il est dit qu’au moins 150.000 personnes sont mortes en Algérie en 1954, et plus de 400.000 ont été tuées au Cameroun dans les années 1960… Je mets en garde les âmes sensibles. Aujourd’hui, la page de l’impérialisme a été ré-ouverte, et ce n’est pas joli!

“Au dela de Gbagbo: l’Afrique” par Pr. Charly G. Mbock

Pr. Charly Gabriel Mbock
Pr. Charly Gabriel Mbock

«La vraie passion du XXème siècle, c’est la servitude», écrit Camus à propos de notre époque, laquelle «n’offre à choisir que des conformismes». Or comme toute passion, celle de la servitude est souffrance et produit doublement des patients, soit qu’on s’acharne à asservir les autres, soit qu’on se résigne à l’asservissement.  L’on ne s’étonnera sans doute plus que les nations qui se sont autoproclamées propriétaires du monde, et qui de ce fait expriment bien de la souffrance, s’activent, à leur insu parfois, à produire de la souffrance en multipliant des risques de servitude génocidaire chaque fois que leurs intérêts sont interpellés.

Ces puissances du monde n’ont plus de scrupule à promouvoir l’industrie de la violence. Cette dernière ouvre des marchés, produit des armes qu’elle vend, et permet aux multinationales de revenir sur le terrain des violences rebâtir ce que leurs armes ont activement aidé à détruire.  Au bout du compte, il ne s’agit que de marchés, et donc de bénéfices.  Et depuis des siècles, l’Afrique est désignée comme terrain d’expérimentation multiforme pour de nouvelles règles diplomatiques, de nouveaux médicaments et des armes nouvelles dont les propriétaires du monde équipent des Forces naturellement Nouvelles…

L’Union européenne fait la force coloniale

L'Afrique
L'Afrique

Notre monde n’aura pas beaucoup vu les forces de l’ONU censées maintenir la paix s’activer et s’imposer par leur efficacité au Rwanda où il se perpétrait bien des horreurs.  Ces ”soldats de la paix” savaient regarder ailleurs. Tout aura même été fait pour les exfiltrer, les éloigner des zones des massacres, probablement pour «avoir la paix !»… Ce sont cependant ces mêmes ”soldats de la paix” que la même ONU entend largement, et cette fois efficacement, déployer en Côte d’Ivoire, pour cette paix à l’onusienne, dont l’objectif mal maquillé consiste à remettre une jeune nation africaine en revendication de sa souveraineté sous les fourches caudines d’une puissance coloniale à veto. Les forces de maintien de la paix de l’ONU vont donc, à ce qu’on dit, pacifier la Côte d’Ivoire. Il existe déjà en Afrique des pays où les populations savent que cette formule s’est toujours illustrée par des cimetières et des enterrements sommaires dans des fosses communes. Ainsi, c’est pour une raison hautement pacificatrice – quoique d’une éthique plutôt singulière – que l’Organisation des Propriétaires du monde s’est concertée et qu’elle s’est constituée en une internationale colonialiste pour les besoins de sa cause.

La Côte d’Ivoire est donc devenue un cas d’école pour l’Afrique et le monde, au lendemain des cinquantenaires de ce qu’on a pompeusement présenté comme les indépendances africaines.  Certes la Côte d’Ivoire se serait volontiers passée d’une telle distinction ; mais à travers elle, c’est toute l’Afrique qui se trouve en devoir de constater qu’elle est traitée de la main gauche par la «Communauté internationale» dont elle est censée faire partie, mais dont elle devra se savoir exclue, parce que dans le lexique de l’Internationale colonialiste, «international» signifie «occidental». Du fait de l’ONU, l’Afrique se voit donc enfin officiellement et férocement confirmée dans son statut d’ensemble de territoires sans Etats véritablement souverains, la souveraineté d’aucun pays africain n’ayant véritablement figuré à l’ordre du jour de l’ordre colonial et néolibéral dominant. La diplomatie de la «Communauté internationale», inspirée par l’Internationale colonialiste veut que toutes les chancelleries le sachent ; que toutes l’entendent bien ainsi, mais que toutes se gardent bien de le dire, par diplomatie, en confirmation de l’adage où l’Union (européenne) fait la force (coloniale).

La notion de souveraineté appelle cependant quelques observations: chaque fois qu’un potentat africain monte un mauvais coup contre son peuple, il se drape de la « souveraineté»  nationale dans l’espoir d’échapper à toute observation critique ou à toute évaluation extérieure. Ces potentats se plaisent d’autant plus à ce jeu qu’ils s’y livrent impunément, le plus souvent avec l’onction d’une métropole coloniale prompte à donner une crédibilité «internationale» à l’impénitent potentat. Le peuple peut toujours hurler son indignation et sa désolation : «l’homme fort» se sait couvert par son mentor métropolitain, qui lui-même se cache derrière des «accords de défense».  Car sous prétexte de «coopération militaire», la métropole n’hésite jamais à défendre un dictateur contre un peuple, son propre peuple, qui l’a rejeté.

"Decoloniser la France" du Pr. Charly G. Mbock
"Decoloniser la France" du Pr. Charly G. Mbock

La Côte d’Ivoire post électorale nous fait témoins d’un scénario différent, presque inverse : il s’y observe un flagrant déni de souveraineté du peuple ivoirien, moins cette fois par un potentat que par une communauté « internationale» à la rescousse d’une métropole en perte de vitesse en Afrique. Les calculs électoraux et les combinaisons politiciennes ayant mal abouti, il restait à la légalité de prévaloir, force devant rester à la loi. Et la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire fait du Conseil constitutionnel le seul organe habileté à proclamer les résultats des élections, quelles qu’en soient la nature et les conditions de déroulement. Contrairement au scenario habituel, ce n’est plus un potentat qui cherche à spolier son peuple de sa souveraineté en comptant sur des appuis métropolitains étrangers. C’est une métropole coloniale qui s’appuie sur un lobby ethno diplomatique et financier pour imposer son diktat à un Etat dont les institutions ont formellement dit le droit, conformément à ses lois. Ce qu’aucune nation occidentale n’accepterait doit donc être imposé à une nation d’Afrique. C’est l’Afrique. Ce n’est donc pas important…

La question semblait banalement arithmétique ; elle a pris toute une dimension juridique et politique qui appelle d’autres questions :

La Côte d’Ivoire est-elle un état souverain membre de l’ONU ?

Si oui, disposerait-elle d’un arsenal juridique propre à en faire un état où se dit le  droit ?

Ces lois ivoiriennes peuvent-elles être invoquées par les Ivoiriens pour des élections en Côte d’Ivoire ?

Si tel pouvait être le cas, d’où viendrait-il qu’une métropole, fût-elle aussi amicale et aussi désintéressée que la française, s’arroge le droit de lancer un ultimatum à un Chef d’Etat que le Conseil Constitutionnel de son pays a légalement proclamé élu, en validation corrective d’une arithmétique des urnes dont il pourrait s’avérer qu’elle a été viciée par des fraudes?

Et Laurent Gbagbo de poser la seule question qui vaille à ses Pairs venus en médiation: «Qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire ?» Continue reading ““Au dela de Gbagbo: l’Afrique” par Pr. Charly G. Mbock”

Cote d’Ivoire: 20 ans de destabilisation mis à nu!

Carte de la Cote d'Ivoire
Carte de la Cote d'Ivoire

La journée du 11 Avril 2011 restera à tout jamais marquée dans la mémoire de tous comme étant le jour de l’agression de le France en Cote d’Ivoire, et surtout la re-naissance de la colonisation.

En 1993 à la mort du vieux Houphouet: Alassane Ouattara (ADO) essaie de s’emparer du pouvoir, parce qu’étant premier ministre. Toute une bagarre commence, et heureusement on lui dit qu’on ne peut pas changer la constitution pour lui, car Henri Konan Bédié (HKB) en tant que président de l’assemblée nationale (P.A. N.) est censé assuré l’interim du pouvoir. Il essaie donc un coup d’état constitutionnel! Après avoir été écarté des élections de 1995, ADO dit à HKB: ‘Lorsque je frapperais ce pouvoir, il tombera’.

Le 24 Décembre 1999: coup d’état de Robert Gueï (encore appelé coup d’état du revéillon) qui est en fait soutenu par Ouattara contre Bédié (nous nous souvenons que ADO se proclamait président dans l’avion qui le ramenait de Paris) (1). Mais Gueï (RG) se dit que le fauteuil présidentiel lui va bien… mais il se voit obligé d’organiser des élections.

Le 25 Octobre 2000: Laurent Gbagbo (LG) gagne les élections, et le lendemain ADO (n’ayant pas pu se présenter) lancent les jeunes dans la rue qui se font d’ailleurs tués par les militaries de Gueï (j’appellerai cela un 2ème coup d’état).

7-8 Janvier 2001: Coup d’état dirigé, et atteinte à la vie de LG et sa femme et de Mamadou Koulibaly (P.A.N. de l’heure). Cette-fois-ci c’est une armée…. Mais le coup rate.

Septembre 2002: Une armée venue de l’extérieur et équipée jusqu’aux dents (sous le parrainage de ADO) attaque la CI. Gbagbo étant en Italie, rentre vite (contrairement à tous les chefs d’état de la francafrique) en CI, et est sauvé par la population. Ce coup d’état divise le pays, et force LG a inséré des rebelles illéttrés dans son gouvernement.

2003: accord de Marcoussis qui force LG à déleguer le pouvoir a un premier ministre. LG ne récolte rien sur 60% du territoire.

Laurent Gbagbo
Laurent Gbagbo

2004: la France bombarde toute l’aviation ivoirienne, car l’armée de LG s’apprêtait a récupèrer le nord des mains des rebelles (2). La France crée une zone tampon. Toutes les exactions sont permises en zone rebelle, et aujourd’hui le Burkina Faso est producteur mondial de cacao (eux qui n’ont même pas une cabosse sur leur sol).

Donc au lieu de 10 ans de gouvernement, LG n’aura eu en fait que quelques mois à peine! Car les années qui ont suivis ont vu la cohabitation entre rebelles et gouvernement; les rebelles entérinant tout effort ou projet du gouvernement Gbagbo.

Continue reading “Cote d’Ivoire: 20 ans de destabilisation mis à nu!”

Côte d’Ivoire: la page de la colonisation ré-ouverte

La Cote d'Ivoire
La Cote d'Ivoire

Je n’ai pu m’empecher de partager avec vous cet article du journaliste camerounais Charly Gabriel Mbock publié dans la Dépêche d’Abidjan sur la situation en Cote d’Ivoire et un regain de la colonisation. Article tres pertinent.

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D’aucuns ne comprennent pas qu’en plein XXIème siècle, il se trouve encore des Africains pour douter de la profondeur de l’amitié franco-africaine.  L’amour que la France nourrit pour l’Afrique est pour le meilleur et pour le pire. Seules les ’’mauvaises langues’’ persistent à s’imaginer que dans cet attelage, la France s’arroge le meilleur en confinant l’Afrique au pire. Mais peut-être vaut-il mieux pécher par lucidité que par imbécillité. La Cote d’Ivoire donne en effet la pleine mesure de l’immense amour que la France des libertés, de la fraternité et de l’égalité nourrit pour l’Afrique : un amour un peu écarlate, il est vrai. Mais le rouge vif des roses ne symbolise-t-il pas l’éclat de l’amour qu’on témoigne à l’objet aimé ?

L’amour de la France pour l’Afrique est donc si et si vif qu’il se confirme comme un amour négrophage, si carnassier qu’il fait de la France une grande puissance hémophage.

Au nom de la démocratie françafricaine, nul n’aurait spontanément imaginé que a France eût simplement pu songer à assassiner près de 3000 jeunes Ivoiriens à Abidjan ! Mais ces chiffres circulent sur internet et sont disponibles dans certaines grandes Chancelleries. Cette nation de la fraternité ne saurait assassiner autant de frères humains : la France a donc seulement supprimé la vie à ces jeunes Africains proclamés criminels pour avoir osé soutenir le Président National qu’ils estiment avoir élu, contre un Président élu par la Communauté internationale. Ils sont passés de vie à trépas parce que le Napoléon nouveau est arrivé en France, et que tout crime africain de lèse Tricorne mérite d’être puni de mort par la Licorne.
Ici, les images d’un autre pays africain en lutte en 1945 remontent : la Légion étrangère de France, de fort sanguinaire réputation, n’hésita pas à liquider 17.000 Algériens à Sétif et Constantine. Cette extermination massive fut activement maquillée et couverte pour la visite de Tixier, alors ministre français des Affaires Etrangères. En effet, préoccupé par les reportages de plus en plus précis des médias, et soupçonnant de mensonge les rapports orientés des autorités françaises en poste en Algérie, le ministre Tixier dut faire une descente en Algérie pour se faire une opinion personnelle et directe.  Les commanditaires français locaux de ce massacre durent subrepticement exhumer des milliers de corps des charniers pour les déplacer et les incinérer dans les fours à chaux d’un colon français de la place. Ces Français avaient appris une grande pratique des Nazis ; ils l’appliquaient aux Africains d’Algérie. Et pour ne pas perturber la bonne conscience de «la communauté internationale» d’alors, les rapports très officiels qui furent publiés conclurent qu’il y avait environ 103 colons français morts et 15.000 morts côté algérien. Ce rapport précisait que ces morts n’étaient pas dues à l’armée française d’occupation, que la
France n’avait jamais eu à tirer sur qui que ce soit, mais que ces morts étaient la regrettable conséquence des émeutes que l’Algérie avait connues pour cause de famine! Par amitié, la France se proposa d’aider l’Algérie à éloigner le spectre d’une famine aussi meurtrière ! Il ne fallait surtout pas laisser éclater le scandale de cette boucherie : la France voulait présenter au monde une image angélique et vertueuse au moment où se mettait en place un organe aujourd’hui connu sous le nom de l’ONU.
Le hasard de l’histoire veut que 70 ans après, une autre Légion étrangère de France sévisse en Côte d’Ivoire ; et qu’Alain Juppé, un autre ministre français des Affaires étrangères, se mobilise et tente de divertir l’opinion internationale en la détournant du spectacle des milliers de cadavres d’Ivoiriens qui jonchent les rues d’Abidjan. Mais il se trouve cette fois que les cameras sont présentes : des journalistes et des cinéastes ont pris des images, et certaines puissances à veto au Conseil dit «de sécurité» en détiennent d’horribles et de bien embarrassantes pour l’angélisme affiché d’une France qui, pour ne pas plonger seule, n’a pas hésité à compromettre l’ONU.
C’est qu’il y a longtemps qu’en Côte d’Ivoire, la question n’est plus électorale. Il y a longtemps qu’elle n’est plus ni morale, ni éthique : la
question est d’une obscène concupiscence, matérielle et mercantile. La France a voulu et a cru pouvoir se cacher derrière l’ONU. Elle avait des raisons de le penser, l’ONU étant cet organisme d’après guerre qui fut conçu par des Occidentaux, pour un Occident anxieux et impatient de se doter d’un instrument de protection de ses intérêts géostratégiques et hégémoniques de domination d’un monde qu’il s’était partagé. Aujourd’hui, hélas, l’ONU est bien nue ! Quant à la France qui espérait s’en couvrir, le giclement du sang des Ivoiriens est un torrent écarlate qui confirme l’idéologie sanglante que chante la Marseillaise. Mais de mémoire d’Ivoirien, l’on ne vit jamais un éléphant se
cacher efficacement derrière une feuille de cacaoyer. La mise à nu de l’ONU a fini par mettre la France à découvert. Convoité pour ses richesses, un Peuple d’éléphants se retrouve pour ainsi dire sans défense, face à la furie paradoxalement et fort scandaleusement meurtrière de l’ONU. On aura donc vu cela : des ’’soldats de la paix’’ bombardant les institutions d’une nation membre de l’ONU, «au nom de la paix», «pour protéger des civils», en collusion avec un membre à veto du Conseil de … sécurité !

Il va sans doute falloir repenser tout cela, et sans doute tout rebaptiser; non seulement parce que nous autres Africains savons aujourd’hui qu’il n’y a pas de «soldats de la paix», mais parce que le Conseil présumé de sécurité ne sécurise visiblement que les intérêts des nations à veto, au détriment des peuples qui, de ce fait même, n’ont pas voix au chapitre à l’ONU.

De Gaulle se passait volontiers de cette Organisation quand les appétits de la France étaient contrariés par des principes onusiens. Et c’est ce «machin», comme il l’appelait, que les Etats Unis ont superbement ignoré quand il a fallu qu’un fils président des Etats Unis lave l’humiliation que Saddam Hussein avait infligée à son président de père. La belle «Busherie» qui a suivi à coup de mensonges médiatiques aura-t-elle inspiré la France – qui n’a pas supporté le camouflet que Laurent Gbagbo lui a donné, entre autres en refusant d’aller
célébrer le cinquantenaire d’une indépendance qu’il persistait, lui, à revendiquer pour la Cote d’Ivoire ? En finir avec Saddam Hussein pour les uns au nom du père et au mépris de l’ONU. En finir avec Gbagbo pour les autres, au nom du pèze et en compromettant l’ONU. C’est sur fond de cette émotivité revancharde et ravageuse que l’Occident s’est autoritairement et arbitrairement engagé à décimer des populations non occidentales, au prétexte de démocratiser leurs pays.
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