The Monkey’s Fiddle

Monkey
Monkey

Hunger and want forced Monkey one day to forsake his land and to seek elsewhere among strangers for much-needed work.  Bulbs, earth beans, scorpions, insects, and such things were completely exhausted in his own land.  But fortunately he received, for the time being, shelter with a great uncle of his, Orangutan, who lived in another part of the country.

When he had worked for quite a while he wanted to return home, and as recompense his great uncle gave him a fiddle and a bow and arrow and told him that with the bow and arrow he could hit and kill anything he desired, and with the fiddle he could force anything to dance.

The first he met upon his return to his own land was Brer Wolf.  This old fellow told him all the news and also that he had since early morning been attempting to stalk a deer, but all in vain.  Then Monkey laid before him all the wonders of the bow and arrow that he carried on his back and assured him if he could but see the deer he would bring it down for him.  When Wolf showed him the deer, Monkey was ready and down fell the deer.  They made a good meal together, but instead of Wolf being thankful, jealousy overmastered him and he begged for the bow and arrow.

Brer Wolf
Brer Wolf

When Monkey refused to give it to him, he thereupon began to threaten him with his greater strength, and so when Jackal passed by, Wolf told him that Monkey had stolen his bow and arrow.  After Jackal had heard both of them, he declared himself unqualified to settle the case alone, and he proposed that they bring the matter to the court of Lion, Tiger, and the other animals.  In the meantime he declared he would take possession of what had been the cause of their quarrel, so that it would be safe, as he said.  But he immediately brought to earth all that was eatable, so there was a long time of slaughter before Monkey and Wolf agreed to have the affair in court.

Monkey’s evidence was weak, and to make it worse, Jackal’s testimony was against him.  Jackal thought that in this way it would be easier to obtain the bow and arrow from Wolf for himself.  And so fell the sentence against Monkey.  Theft was looked upon as a great wrong; he must hang.  The fiddle was still at his side, and he received as a last favor from the court the right to play a tune on it.

He was a master player of his time, and in addition to this came the wonderful power of his charmed fiddle.  Thus, when he struck the first note of “Cockcrow” upon it, the court began at once to show an unusual and spontaneous liveliness, and before he came to the first waltzing turn of the old tune the whole court was dancing like a whirlwind.  Over and over, quicker and quicker, sounded the tune of “Cockcrow” on the charmed fiddle, until some of the dancers, exhausted, fell down, although still keeping their feet in motion.  But Monkey, musician as he was, heard and saw nothing of what had happened around him.  With his head placed lovingly against the instrument, and his eyes half closed, he played on, keeping time ever with his foot.

African fiddle
African fiddle

Wolf was the first to cry out in pleading tones breathlessly, “Please stop, Cousin Monkey! For love’s sake, please stop!”

But Monkey did not even hear him. Over and over sounded the resistless waltz of “Cockcrow.”

After a while Lion showed signs of fatigue, and when he had gone the round once more with his young lion wife, he growled as he passed Monkey, “My whole kingdom is yours, ape, if you just stop playing.”

I do not want it,” answered Monkey, “but withdraw the sentence and give me my bow and arrow, and you, Wolf, acknowledge that you stole it from me.”

I acknowledge, I acknowledge!” cried Wolf, while Lion cried, at the same instant, that he withdrew the sentence.

Monkey gave them just a few more turns of the “Cockcrow,” gathered up his bow and arrow, and seated himself high up in the nearest camel thorn tree.

The court and other animals were so afraid that he might begin again that they hastily disbanded to new parts of the world.

South African Folk Tales, by James A. Honey, 1910, Baker & Taylor Company.

L’Eléphant, la Panthère, l’Hyène et le Bouc

Le Bouc
Le Bouc

Malgré son odeur vraiment désagréable, le bouc est respecté par les autres animaux.  Il passe pour un sage et on écoute ses conseils : d’ailleurs n’est-ce pas lui qui porte la barbiche comme un vieillard ? Mais le bouc n’a pas toujours eu cette réputation, et je vais vous dire comment il l’a acquise.

Autrefois, tous les animaux vivaient en paix.  L’éléphant, la panthère, le bouc et l’hyène étaient alors de bons amis.  Ils travaillaient tous quatre sur une grande plantation qui leur appartenait collectivement.  A l’heure des repas, ils partaient, chacun de leur coté, chercher la nourriture.  Ils faisaient la cuisine, chacun pour soi.  Cela leur prenait beaucoup de temps.

Un jour, ils décident de mieux s’arranger entre eux. C’est  l’hyène qui a cette idée. C’est  elle aussi qui propose un règlement fort simple que les trois autres acceptent aussitôt.  Voici ce règlement qui tient en une seule  phrase : Chacun à notre tour, nous fournirons la viande pour nous quatre, pendant toute une semaine.

Le lendemain l’hyène propose d’ajouter une deuxième phrase.  Voici ce qu’elle veut faire ajouter : Celui qui n’arrivera pas à rassasier les trois autres sera mangé par eux.

Cette règle est acceptée aussitôt par les quatre amis.  Sans réfléchir, le bouc a donné son accord.

Elephant
Elephant

La première  semaine est celle de l’éléphant.  Il va dans la forêt frappant tout ce qui passe à portée de sa trompe.  Il rapporte du gibier en grande quantité.  Il prépare des repas si copieux que les quatre amis ne peuvent en venir à bout.  Les charognards qui viennent mangé les restes ne peuvent plus s’envoler, tellement leur ventre est plein.

La deuxième semaine, c’est la panthère qui reçoit les autres.  Elle leur sert d’énormes quartiers de viande.  Le soir, elle se cache près du marigot, les hautes herbes, et elle attrape les animaux qui viennent boire : singes, antilopes, phacochères … Les ventres des quatre amis sont si pleins qu’ils peuvent à peine travailler sur leur plantation.  La terre parait basse quand on n’arrive plus à se plier.

La troisième semaine est celle de l’hyène.  La nuit, elle va voler des morceaux de viande aux autres animaux et elle les traîne chez elle.  Cette viande laissée par les lions et les charronnages n’est pas toujours très fraîche.  Elle sent parfois mauvais, mais il y en a beaucoup.  En se bouchant le nez, chacun peut manger à sa faim.

Enfin arrive le tour du bouc.  Jusqu’à maintenant il n’y a pas songé et il a mené joyeuse vie.  Quand il s’aperçoit que l’hyène le regarde souvent en se léchant les babines, il commence à comprendre, et il commence à avoir à peur.  Elle est sûre qu’il n’arrivera pas à attraper du gibier : est-ce que vous connaissez un seul bouc capable de chasser ? Continue reading “L’Eléphant, la Panthère, l’Hyène et le Bouc”

Seigneur Crocodile et Jeune Fille

Crocodile
Crocodile

Il était une fois un homme et une femme qui, malgré de longues années de mariage, n’avaient pas d’enfants.  L’épouse s’en désolait et se désespérait.  Un matin, elle parti puiser de l’eau au marigot.  Tout le long du chemin, elle avait pensé au bébé qu’elle n’aurait jamais et son visage était couvert de larmes.  Seigneur Crocodile l’entend pleurer et s’approche : Femme, qu’as-tu ? Pourquoi sanglotes-tu si fort que tu troubles la paix de ma retraite ?

En tremblant, elle lui répond : Seigneur crocodile, je suis mariée depuis seize ans et je n’ai jamais pu donner d’enfant à mon époux.  Quand je vois les bébés des autres femmes, je sens mon cœur se briser et mes entrailles se déchirer. Epris de compassion, Seigneur Crocodile déclare : Femme, si tu désires vraiment un enfant, je puis t’aider ! Mais tu dois d’abord me jurer que tu exécuteras tous mes ordres.

Pleine d’espoir, la pauvre créature essuie ses larmes et donne sa promesse qu’elle obéira en tout à son bienfaiteur.  Parlez ! Je ferai tout ce que vous direz.  Alors seigneur crocodile lui dit : Retourne chez toi.  Prends trois œufs et apporte-les-moi.

La femme part aussitôt.  Quelques instants plus tard, elle est de retour avec les œufs et les offre au seigneur crocodile. Celui-ci les prend gravement et continue :  Ecoute-moi bien maintenant!  dans neuf lunes, ton enfant naîtra.  Si c’est un garçon, élève-le dans le respect de ceux de mon espèce.  Il faut qu’il devienne notre ami, et ne nous fasse jamais la guerre en souvenir de moi.  Si c’est une fille, alors, prépare-la à devenir mon épouse dès qu’elle aura éteint l’âge oublie.

–  C’est promis ! seigneur crocodile, grand merci de votre bonté.  Je raconterai à mon mari ce que vous avez fait pour nous et nous tiendrons parole, s’écrie la femme transportée de joie. Continue reading “Seigneur Crocodile et Jeune Fille”

Le Bœuf, le Cochon et l’Araignée

Cochon
Cochon

Il y avait une fois un village bien malheureux car, malgré tous les efforts des villageois, les cultures n’avaient pas poussé.  La nourriture manquait et tout le monde était devenu maigre et bien affamé.  Cochon, Bœuf et Araignée, trois habitants de cette infortunée région, erraient chaque jour dans la brousse en quête de quelque chose à se mettre sous la dent.

Un beau matin, Cochon, tout affaibli par la disette, se lamente sur le chemin à l’entrée du village lorsque, compère bœuf vient à passer.  Surpris de la mine florissante de celui-ci, cochon l’interpelle :« Holà, mon compère, d’où te vient ta belle mine alors que, tous ici, nous mourons de faim et tombons en faiblesse? »

Bœuf accélère son allure et passe devant le cochon sans répondre, comme s’il n’avait pas entendu la question.  Cochon comprend qu’il y a là quelque chose de louche et se met à observer attentivement son ami.  Plusieurs jours de suite, il se cache dans des arbustes au bord du chemin, et voit passer chaque matin Bœuf qui va toujours dans la même direction.  Chaque soir, Bœuf revient tranquillement au village et tandis que la faim ronge son malheureux compère, il semble lui au contraire, prendre un embonpoint de plus en plus dodu.  Alors n’y  tenant plus et sentant sa fin prochaine, cochon s’écrie en lui barrant la route.  « Compère!  Compère!  Tu grossis à vue d’œil alors que je me meurs.  Par pitié, dis-moi ou tu trouves tant de nourriture, ou j’appelle tous les habitants du village pour leur signaler ta conduite.  A nous tous, nous  saurons bien t’obliger à nous révéler ton secret. »

Bœuf
Bœuf

Bœuf s’arrête, réfléchit et déclare enfin: « Frère, tu me fais pitié. Jure-moi de ne rien révéler à personne et je viendrai à ton secours.

Je le jure

Demain matin, accompagne-moi dans la forêt et tu sauras tout. »

Le lendemain, tous deux s’en vont ensemble à travers la foret.  Parvenus à une clairière, ils trouvent une grosse meule. Alors Bœuf s’approche et dit haute voix : « Meule, prépare-moi a manger! »  En un instant, la meule prépare un bon repas et Les deux compagnons le dévorent.  Quand il a fini, cochon ordonne à la meule : « Meule prépare-moi encore à manger!»  La meule obéit aussitôt.  Bien repus les deux amis reviennent au village.  Et, tous les matins désormais, ils vont dans la clairière et la meule magique les nourrit.  Bientôt, cochon à son tour devient très gros.  Ce phénomène attire l’attention d’Araignée.  Il attend que ses compagnons soient revenus chez eux et va rendre visite à cochon.  « Cochon, mon bon ami, aide-moi.  Je vois que tu sais trouver assez de nourriture pour devenir gros et gras.  Si tu ne viens pas à mon secours, je vais appeler tous les habitants du village et on saura bien te contraindre à nous dire ou tu trouves à manger! » Continue reading “Le Bœuf, le Cochon et l’Araignée”

Comment L’Araignee obtint la Nourriture sans Travailler

Yevi, l'Araignée
Yevi, l’Araignée

Il était une fois dans un petit village, Yévi l’Araignée.  Yevi avait quatre femmes et beaucoup d’enfants.  Il possédait un grand champ qu’il travaillait avec ses fils.  Le soir, ils revenaient tous ensemble vers leur maison et partageaient entre eux la nourriture.  Mais Yevi était très astucieux et très vorace.  Jamais il ne se satisfaisait de la part de repas qu’on lui donnait et il réfléchissait constamment au moyen de s’approprier tous les meilleurs produits de son champ sans avoir à en distribuer à ses femmes et à ses enfants.

Voici la ruse qu’il avait inventée :

Un beau matin, il se plaint de sa tête et de son ventre et déclare qu’il est trop malade pour aller travailler.  Il reste donc tranquillement étendu sur sa natte durant toute la journée.  Chaque fois qu’une de ses épouses, inquiète, s’approche de lui, il pousse de sourds gémissements.  Lorsque la nuit tombe, ses fils reviennent au village et vont aussitôt prendre nouvelle de leur père.

Champs Africains
Champs Africains

Toute le famille se rassemble dans la case de Yevi et s’installe au chevet du faux malade …Quand celui–ci voit que toutes ses femmes et tous ses enfants sont auprès de lui il ouvre les yeux et d’une voix expirante leur dit :

Pauvre de moi! hélas! … hélas! … Je sens … que… Je … Vais mourir … Hélas !… Quelle douleur !…

Aussitôt, les épouses se mettent à sangloter … Yevi  reprend alors la parole.

Approchez mes fils … Approchez … Je veux vous donner mes dernières instructions…

Les garçons viennent s’asseoir tout près du soi-disant moribond et prêtent une oreille attentive aux paroles que leur père prononce d’une voix de plus en plus faible.

Après ma mort, vous irez … m’enterrer … dans mon champ … Vous creuserez un grand trou … pour y déposer mon cercueil … N’oubliez pas !… Je veux que le cercueil reste grand ouvert … Et que la tombe ne soit pas refermée … Afin que mon esprit puisse venir vous protéger tous … Autour de la tombe ,vous déposerez  en offrande les aliments qui me permettront de faire le grand voyage dans l’au-delà … N’annoncez ma mort à personne … Et si quelqu’un vous question à mon sujet, dites que je suis parti en voyage …

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Compère Lièvre et les Ignames

Lievre
Lievre

Les hommes de la savane savent tout qu’Azui, le lièvre, est le plus astucieux des animaux.  Mais ils sont si vaniteux qu’ils sont sûrs, eux, d’être plus intelligents que compère lièvre et disent tous :  Moi, homme, je ne peux pas être dupé par un animal, même par le plus rusé de tous !

Des ignames
Des ignames

Voici pourtant ce qui est arrivé un jour.  Dans la forêt, et dans la savane voisine, il n’y avait presque plus rien à manger cette année-là.  Les animaux, affamés, sortaient de la brousse et venaient rôder autour des villages, cherchant sur le sol le moindre grain de mil oublié.  Azui s’était caché dans un fourré, non loin du chemin que suivaient les paysans pour aller cultiver leurs champs.  Il a observé un homme qui tous les soirs, s’en revenait chez lui, portant de grosses ignames sur la tête.  Que faire pour s’en emparer ? Le lendemain, un peu avant le passage de l’homme sur le chemin, Compère lièvre s’y étend sans bouger, contrefaisant le mort.  L’homme arrive près de lui, voit : Voilà un lièvre qui n’est pas mort depuis bien longtemps, se dit-il.  Je vais aller déposer mes ignames près de la hutte, à la lisière de la forêt, et je vais revenir chercher cet animal.  Puis il se remet en marche.  Dès qu’il a disparu, Compère lièvre se relève et court par un raccourci, en direction de la hutte.  Quand il y arrive, il trouve les ignames que l’homme a déposées avant de revenir sur ses pas chercher le lièvre qu’il croit mort.  Azui ramasse les ignames, les charge sur son dos et file à toute vitesse vers sa maison, tout content d’avoir à manger pour plusieurs jours.  Quand à l’homme, bien entendu, il ne trouve pas le lièvre mort sur le chemin … pas plus que les ignames, quand il est de retour à la hutte.  Il comprend alors un peu tard qu’il a été dupé par le rusé animal.  Ah oui ! Vraiment, on peut dire que compère lièvre est le plus astucieux de tous les êtres vivants de la savane !

Conte tiré de “Contes des Lagunes et Savanes,” Collection ‘Fleuve et Flamme,’ édition Edicef, 1975

Pourquoi le Lièvre a la Peau Tachetée de Blanc

 

Lievre
Lièvre

Il y avait une fois un village qui se trouvait loin de toute rivière et de tout marigot.  Tous les jours, les habitants devaient faire une longue, longue marche pour aller prendre l’eau qui leur était nécessaire.  Et lorsqu’ils revenaient, portant les canaris pleins sur leur tête, ils étaient très fatigués.  Tous désiraient vivement que l’on creuse un puits dans le village afin de cesser tout va-et-vient pour transporter l’eau.  Mais, pour faire creuser un puits, il faut de l’argent.  Et personne n’en avait.

Le chef, Lion, songeait sans arrêt à ce problème.  Un beau jour, il lui vient une idée.  Il convoque les habitants et leur dit : « Frères animaux, voici ce que je vous propose.  Chacun d’entre nous va ôter sa peau et aller la vendre au marché ou bien il la tannera pour en faire un tam-tam qu’il vendra également.  Ainsi nous aurons l’argent nécessaire pour faire construire le puits. »

Tous les animaux acceptent.  Ils ôtent leur peau, la portent au marché et la vendent.  D’autres s’en servent pour fabriquer des tambours.  Bientôt, tous ont un peu d’argent.  Tous, sauf Compère Lièvre qui n’avait pas voulu sacrifier son cher pelage et s’était sauvé.  Les villageois achètent les outils et tout ce qu’il faut et entreprennent immédiatement la confection du puits.  Une fois, que celui-ci ait terminée, on fait une grande fête pour célébrer l’évènement.  Chaque soir, les épouses vont puiser de l’eau.  A la tombée de la nuit, on referme soigneusement le puits.

Puits africain
Puits africain

Or, un beau matin, les gens aperçoivent des traces humides sur la terre et sur la margelle.  Quelqu’un est venu prendre de l’eau pendant la nuit !  Mais qui a fait cela ?  Nul ne le sait.

Chef Lion demande à la panthère de monter la garde et de s’emparer de toute personne  qui s’approchera de l’eau.

Lorsque les ténèbres sont très épaisses, Compère Lièvre, car c’était lui le voleur, arrive tout doucement avec son canari.  Il voit la Panthère et se met à faire des bruits étranges pour qu’elle pense qu’il y a un fantôme par là.  Celle-ci entend ces bruits et, terrifiée, s’enfuit.  Alors, le lendemain, voyant qu’on avait encore touché à l’eau, les villageois préparent un piège.  Ils prennent un gros morceau de bois et le badigeonnent de glu puis le placent tout contre la margelle du puits.

Quand l’obscurité règne à nouveau, Compère lièvre arrive.  Il s’approche du puits, se penche sur le rebord en s’appuyant sur le bois.  Et ses mains se trouvent collées.  Compère lièvre croit que quelqu’un l’a saisi et ne veut plus le lâcher.  « Lâche-moi, il, lâche-moi ou je te donne des coups de pied

Se voyant encore prisonnier, Lièvre se débat violemment et tente de frapper son ennemi avec ses pieds qui, bientôt, se trouvent collés aussi.  A l’aube, les animaux arrivent au puits et découvrent Lièvre, bien fixé au morceau de bois par la glu.

« Nous allons le tuer ce vaurien ! crient-ils pour nous venger, nous allons le préparer comme de la viande fumée.  Vite, allumons un grand feu

Compère lièvre n’en mène pas large et il réfléchit au moyen de se tirer de ce tirer de ce mauvais pas.  « Voyons, mes amis, déclare-t-il, vous ne savez donc pas comment on fume un lièvre ?  Il faut toujours l’envelopper de coton et on met le feu à celui-ci. »

Alors les animaux du village le décollent du morceau de bois, apportent un sac de coton, le roulent dedans.  Avant qu’on n’ait eu le temps d’y mettre le feu, compère lièvre se libère et se sauve à toute vitesse.  Mais les lièvres ont toujours dans  leur pelage les petites touffes de coton blanc.

Conte Komkomba tiré de “Contes des Lagunes et Savanes,” Collection ‘Fleuve et Flamme,’ édition Edicef, 1975

Un Prêté vaut un Rendu

Tortue
Tortue

Tortue et serpent étaient de très grands amis.  Ils se rencontraient fréquemment, passaient de longues heures à converser ensemble.  Souvent, Tortue invitait son compère à partager son repas, quand ce n’était pas serpent qui invitait sa commère.  Bref, tout le monde les appelait les inséparables.  Pourtant un jour, ils se sont fâchés et jamais plus on ne les a vus ensemble.  Leurs voisins étaient très intrigués par cette brouille et auraient bien voulu savoir ce qui s’était passé.  Ils les ont questionnés l’un et l’autre voici ce qu’ils ont fini par apprendre.

Tortue avait prié son ami de venir manger chez elle serpent s’est mis en route, ayant appétit.  Quand il arrive au domicile de son amie, une odeur délicieuse l’accueille, mais il n’y a personne pour le recevoir à l’entrée de la maison.  Il appelle; pas de réponse! alors, il pousse la porte et entre.  Au milieu de la pièce, se trouve une grosse calebasse d’où s’élève un fumet de bonne nourriture.  Mais le récipient est recouvert d’un énorme couvercle.  C’est tortue qui s’est étendue là pour jouer un vilain tour à son compère. Hé, compère, que fais-tu donc là ?  S’écrie serpent, fort surpris de cette attitude.  Ne vois-tu pas qu’avec ta grosse carapace, tu couvres tout le plat et que je ne puis me servir ?  Est-ce une chose à faire ?  ôte-toi de là car j’ai grand appétit.

Serpent (Cobra)
Serpent (Cobra)

Tortue ne bouge ni ne répond, si ce n’est par un ricanement moqueur.  Serpent attend quelques instants espérant qu’elle voudra bien  libérer la calebasse.  Puis voyant qu’elle se moque de lui, il s’en va, pas content du tout.

Quelques jours passent.  Enfin, un beau matin, serpent envoie un de ses fils inviter son amie tortue à venir partager son repas.  Celle-ci fait arrivée, elle découvre serpent soigneusement enroulé sur lui-même et formant un gros couvercle qui bouche entièrement le plat de nourriture avec les anneaux de son corps.

Hé compère, que fais-tu là ? S’écrie-t-elle.  En voilà un couvercle pour Une calebasse !  Pousse-toi donc afin que je me serve à manger.

Serpent se garde de bouger.  Mais il lui répond d’une voix sifflante de colère :

Chère sœur, as-tu donc oublié le vilain tour que tu m’as joué la dernière fois que j’ai été ton invité ?  Si c’est ainsi que tu reçois tes amis, pourquoi veux-tu que je n’aie pas la même attitude ?  Mon devoir est de te rendre la pareille.  Pour honorer ta générosité, je te rends ainsi le bon repas que tu m’as offert !  Peut-on garder des amis si on se moque d’eux ?  Si vous agissez mal envers quelqu’un, pourquoi voudriez-vous que, lui, agisse bien envers vous ?

Conte tiré de “Contes des Lagunes et Savanes,” Collection ‘Fleuve et Flamme,’ édition Edicef, 1975

Compère Lièvre et Compère Singe

Compère Singe
Compère Singe

Il était une fois deux grands amis, Compère singe et Compère lièvre, le roi de la ruse.  Un jour, ils étaient allés chasser ensemble.  Mais, avant de partir, compère lièvre avait bourré ses joues de sel, prévoyant de jouer un vilain tour à son compagnon.  Le vent, très violent, apporte tout à coup des débris de feuilles mortes mêlées de poussière dans les yeux de linge, l’aveuglant complètement :  Frère, dit-il à son ami sur un ton suppliant, je n’y vois plus goutte.  Je t’en prie !  Souffle-moi dans les yeux pour m’enlever ces poussières qui me font souffrir.

Compère lièvre sourit car c’est bien ce qu’il a prévu.  Il s’approche de son compagnon et souffle dans les yeux de celui-ci tout le sel qu’il conservait dans ses joues.

Le pauvre singe pousse un hurlement de douleur tandis que les larmes ruissellement sur son visage.  Il comprend alors que son ancien ami veut sa mort et s’enfuit en se heurtant contre tous les obstacles qu’il rencontre sans pouvoir les apercevoir.

Seigneur lion, entendant les cris de douleur de l’infortuné, accourt, arrête le malheureux singe aveugle et l’interroge.  Singe lui raconte alors son aventure et lui explique de quelle manière compère lièvre a voulu le tuer pour le dévorer.

Compère Lièvre
Compère Lièvre

Seigneur lion, pris de pitié, accepte de souffler sur les yeux de singe pour le débarrasser des débris de feuilles, des poussières et du sel qui le font si fort souffrir.  Mais lorsqu’il commence à souffler, un peu de sel vole jusqu’au visage du roi des animaux qui, rendu furieux par la souffrance, d’un coup de dent, arrache un œil de singe et l’avale.

Singe, hurlant de douleur, prend aussitôt la fuite.  Seigneur lion se lance à sa poursuite.  Mais les frères de singe viennent au secours du pauvre borgne et le font grimper tout en haut d’un arbre.  Là-haut, une fois en sécurité, singe remercie ses frères et leur raconte ses malheurs.  Chacun des singes décide de l’aider.  L’un après l’autre, ils rétrécissent leurs yeux et en prélèvent un petit morceau.  Puis avec ce que tous ont sacrifié, ils fabriquent un œil tout neuf pour leur frère.

C’est pourquoi, vous le remarquerez facilement, maintenant, les singes ont de petits yeux bien enfoncés dans le crâne.

Conte tiré de “Contes des Lagunes et Savanes,” Collection ‘Fleuve et Flamme,’ édition Edicef, 1975

Pourquoi les Roussettes dorment la tete en bas!

Des roussettes - la tete en bas!
Des roussettes - la tete en bas!

Vous est-il jamais arrivé de vous reveiller la tête en bas, toute retournée avec des idées confuses ou brouillées? …  Rien de mieux que ce beau conte africain sur la raison pour laquelle les roussettes dorment la tête en bas! Amusez-vous bien!

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Les animaux ont chacun leur façon de se reposer : certains se couchent par terre, d’autres se réfugient dans des terriers, d’autres se perchent sur les branches.  Seuls les membres de la famille des chauves-souris, et en particulier les grandes roussettes, s’accrochent aux branches la tête en bas, le derrière tourné vers le ciel.  Et pourtant, autrefois, elles se perchaient normalement sur les branches, la tête en haut, comme les oiseaux.

Voulez –vous  savoir pourquoi ? Oui, alors voici ce qui est arrivé. Continue reading “Pourquoi les Roussettes dorment la tete en bas!”