The Egg Lover

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La poule / The hen

There once was a man who loved eggs above all. He bought several chickens and went to pay a visit to his fiancée. She was invited to cook rice. He gave her the chickens and a great quantity of rice. Once she was done cooking, all the young girls from the village showed up, responding to her invitation; it was a true feast. After the feast, the young girls all left. From a corner in the bedroom, near a drinking pot, a hen came out, capturing the visitor’s attention. He then thought to himself:

If there is a hen, then there are eggs!

It was then impossible for him to stand still in the room, given that he wanted to take the eggs. He thus decided to leave, and told his beloved, who tried to stop him from leaving. His horse was readied, but before mounting, he told the young girl:

Hold my horse, I will go drink a little before leaving.”

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La poule / The hen

He advanced toward the pot, grabbed all the eggs, and put them in his pants. He then went out with his fragile cargo. But just as he climbed on his horse, one egg fell from his pants, then a second one, then a third, and so on.

Oh! What is it? What is coming out of your pants, my honorable host?” says the girl.

It is nothing,” replies the man, “in my country, this is the time of the day when men lay eggs.”

Told by Tamsir Dieye, Contes Wolof du Baol, J. Copans and P. Couty, Ed. Karthala, 1988, p. 64. Translated to English by Dr. Y., Afrolegends.com

 

 

L’Araignée et le Caméléon

Un cameleon
Un cameleon

Il était une fois un caméléon très généreux et très charitable.  Il vivait du produit de son travail dans son champ, avait une grande concession sur laquelle il avait construit une belle case spacieuse.

Araignée, le plus grand paresseux de la région, aimait bien vivre d’expédients, sans se fatiguer à travailler, grâce à ses ruses malhonnêtes.  Il entend vanter autour de lui la générosité de caméléon et décide de l’exploiter.  Il se rend jusqu’à l’habitation de celui-ci, suivi de sa femme et de ses enfants couverts de haillons.  « Ayez pitié de pauvres malheureux sans abri ! Se lamente-t-il.  Ayez pitié, Caméléon ! La saison des pluies va commencer ! Nous n’avons pas de maison ! Mes enfants vont mourir de faim et froid, faibles comme ils sont ! »

N’écoutant que son bon cœur, Caméléon invite Araignée et sa famille à s’installer chez lui et met à leur disposition la moitié de sa belle maison.  Un jour, alors que Caméléon est parti aux champs, Araignée tue l’épouse de son bienfaiteur et vole tous ses pagnes et tous ses bijoux.  Au retour de son hôte, il lui raconte que des bandits ont assassiné Madame Caméléon et emporté tout ce qui se trouvait dans la maison.  Araignée ajoute qu’il aurait défendu la malheureuse s’il n’avait été assommé à coups de gourdin.  Caméléon est très fâché car, malgré tous ses mensonges, il a compris ce qui s’est passé.  Il se jure à lui-même qu’il se vengera cruellement et qu’Araignée mourra en châtiment de son crime.

Un plat de Yeke-yeke
Un plat de Yeke-yeke

Une semaine plus tard, il rapporte à la maison un énorme plat de yéké-yéké (*).  Araignée, son épouse et ses enfants en mangent tant qu’ils peuvent et se régalent.  Lorsque le plat est vide, Araignée demande : « Où avez-vous trouvé cette nourriture succulente, mon frère ? »

Caméléon répond : «  C’est un génie qui me l’a préparée ! Si, toi aussi, tu tues ta mère en sacrifice aux « Togbesikpé » (**), tu recevras le même cadeau. »

Plein de convoitise, Araignée exécute ce nouveau crime affreux.  Mais, contrairement à son attente, il ne reçoit point de yéké-yéké.  Le cœur de Caméléon se réjouit de cette vengeance et il murmure : « Si tu n’avais pas été aussi bête qu’avide, tu n’aurais pas fait cela ! » Continue reading “L’Araignée et le Caméléon”

La queue des animaux

Lion
Lion

Jadis, les animaux n’avaient pas de queue. Le cheval ne pouvait pas chasser les mouches, l’écureuil sans queue avait du mal à sauter de branche en branche, le renard était bien moins beau et ne parlons pas du lion!
Le sage roi des animaux, le lion, prit la décision de remédier à cette situation.  Il réfléchit pendant longtemps à la façon dont il allait s’y prendre et à la fin, il fit appeler le renard pour lui demander conseil.
« Tous les animaux ne peuvent pas avoir la même queue », estima le renard.
« Je sais cela, moi aussi », répondit le lion. « Mais comment départager les animaux sans se montrer injuste ? »
Le renard réfléchit un instant, puis déclara :
« C’est simple. Ceux qui arriveront les premiers recevront les plus belles queues. »
Le lion acquiesça :

Renard
Renard

« C’est une excellente idée. Cours vite dans la forêt et préviens tous les animaux qu’ils doivent se présenter à midi, au bord du ruisseau, pour la distribution des queues. »
Le renard transmit le message et courut vite vers le ruisseau pour arriver le premier.  Il fut suivi de près par le cheval, l’écureuil, le chat et le chien qui arrivent toujours les premiers quand on distribue quelque chose.  Vinrent ensuite les autres animaux : l’éléphant, le cochon et le lièvre se présentèrent les derniers.

Lievre
Lievre

Lorsque tous les animaux furent réunis dans la clairière, le lion se mit à distribuer les queues.  Il se servit d’abord lui-même : ce fut une superbe queue, longue et dorée, terminée par un plumeau.  Ensuite, le lion attribua de très belles queues bien touffues au renard et à l’écureuil. Le cheval opta pour une magnifique queue en crin.  Le chien et le chat reçurent encore des queues fort présentables, mais les animaux qui arrivèrent les derniers, se trouvèrent bien démunis.  L’éléphant eut une maigre cordelette avec quelques soies au bout.  Il en fut si navré qu’il en porte aujourd’hui encore la trompe basse.  La queue du cochon était fine comme un ver de terre.  Il la fit boucler pour la rendre plus jolie.  Le pauvre lièvre resta sans queue.  Le chien et le chat commencèrent à se disputer pour savoir lequel d’entre eux avait la plus belle queue.  À la fin, le chien attrapa le chat et lui arracha d’un coup de dents l’extrémité de la queue.  Le chat s’enfuit dans l’arbre et depuis ce jour, il préfère se sauver devant le chien.  Le lièvre ramassa le bout de la queue du chat et le colla sur son derrière.  Ceci explique pourquoi la queue des lièvres est si petite.

The Jackal and the Wolf

Jackal
Jackal

ONCE upon a time Jackal, who lived on the borders of the colony, saw a wagon returning from the seaside laden with fish; he tried to get into the wagon from behind, but he could not; he then ran on before and lay in the road as if dead.  The wagon came up to him, and the leader cried to the driver, “Here is a fine kaross for your wife!
Throw it into the wagon,” said the driver, and Jackal was thrown in.

The wagon traveled on, through a moonlight night, and all the while Jackal was throwing out the flsh into the road; he then jumped out himself and secured a great prize.  But stupid old Wolf (hyena), coming by, ate more than his share, for which Jackal owed him a grudge, and he said to him, ” You can get plenty of fish, too, if you lie in the way of a wagon as I did, and keep quite still whatever happens.

Hyena
Hyena (Wolf)

So!” mumbled Wolf.
Accordingly, when the next wagon came from the sea, Wolf stretched himself out in the road.

What ugly thing is this?” cried the leader, and kicked Wolf.  He then took a stick and thrashed him within an inch of his life.  Wolf, according to the directions of Jackal, lay quiet as long as he could; he then got up and bobbled off to tell his misfortune to Jackal, who pretended to comfort him.
What a pity,” said Wolf, “I have not got such a handsome skin as you have!

South African Folk Tales, by James A. Honey, 1910, Baker & Taylor Company.

The Lion, the Jackal, and the Man

Jackal
Jackal

It so happened one day that Lion and Jackal came together to converse on affairs of land and state.  Jackal, let me say, was the most important adviser to the king of the forest, and after they had spoken about these matters for quite a while, the conversation took a more personal turn.

Lion began to boast and talk big about his strength.  Jackal had, perhaps, given him cause for it, because by nature he was a flatterer.  But now that Lion began to assume so many airs, said he, “See here, Lion, I will show you an animal that is still more powerful than you are.”

They walked along, Jackal leading the way, and met first a little boy.

Is this the strong man?” asked Lion.

No,” answered Jackal, “he must still become a man, O king.”

After a while they found an old man walking with bowed head and supporting his bent figure with a stick.

Is this the wonderful strong man?” asked Lion.

Not yet, O king,” was Jackal’s answer, “he has been a man.”

Lion
Lion

Continuing their walk a short distance farther, they came across a young hunter, in the prime of youth, and accompanied by some of his dogs.

There you have him now, O king,” said Jackal.  “Pit your strength against his, and if you win, then truly you are the strength of the earth.”

Then Jackal made tracks to one side toward a little rocky kopje from which he would be able to see the meeting.  Growling, growling, Lion strode forward to meet the man, but when he came close the dogs beset him.  He, however, paid but little attention to the dogs, pushed and separated them on all sides with a few sweeps of his front paws.  They bowled aloud, beating a hasty retreat toward the man.  Thereupon the man fired a charge of shot, biting him behind the shoulder, but even to this Lion paid but little attention.  Thereupon the hunter pulled out his steel knife, and gave him a few good jabs.  Lion retreated, followed by the flying bullets of the hunter.

Well, are you strongest now?” was Jackal’s first question when Lion arrived at his side.

No, Jackal,” answered Lion, “let that fellow there keep the name and welcome.  Such as he I have never before seen.  In the first place he had about ten of his bodyguard storm me.  I really did not bother myself much about them, but when I attempted to turn him to chaff, he spat and blew fire at me, mostly into my face, that burned just a little but not very badly.  And when I again endeavored to pull him to the ground he jerked out from his body one of his ribs with which he gave me some very ugly wounds, so bad that I had to make chips fly, and as a parting he sent some warm bullets after me.  No, Jackal, give him the name.”

South African Folk Tales, by James A. Honey, 1910, Baker & Taylor Company.

The Monkey’s Fiddle

Monkey
Monkey

Hunger and want forced Monkey one day to forsake his land and to seek elsewhere among strangers for much-needed work.  Bulbs, earth beans, scorpions, insects, and such things were completely exhausted in his own land.  But fortunately he received, for the time being, shelter with a great uncle of his, Orangutan, who lived in another part of the country.

When he had worked for quite a while he wanted to return home, and as recompense his great uncle gave him a fiddle and a bow and arrow and told him that with the bow and arrow he could hit and kill anything he desired, and with the fiddle he could force anything to dance.

The first he met upon his return to his own land was Brer Wolf.  This old fellow told him all the news and also that he had since early morning been attempting to stalk a deer, but all in vain.  Then Monkey laid before him all the wonders of the bow and arrow that he carried on his back and assured him if he could but see the deer he would bring it down for him.  When Wolf showed him the deer, Monkey was ready and down fell the deer.  They made a good meal together, but instead of Wolf being thankful, jealousy overmastered him and he begged for the bow and arrow.

Brer Wolf
Brer Wolf

When Monkey refused to give it to him, he thereupon began to threaten him with his greater strength, and so when Jackal passed by, Wolf told him that Monkey had stolen his bow and arrow.  After Jackal had heard both of them, he declared himself unqualified to settle the case alone, and he proposed that they bring the matter to the court of Lion, Tiger, and the other animals.  In the meantime he declared he would take possession of what had been the cause of their quarrel, so that it would be safe, as he said.  But he immediately brought to earth all that was eatable, so there was a long time of slaughter before Monkey and Wolf agreed to have the affair in court.

Monkey’s evidence was weak, and to make it worse, Jackal’s testimony was against him.  Jackal thought that in this way it would be easier to obtain the bow and arrow from Wolf for himself.  And so fell the sentence against Monkey.  Theft was looked upon as a great wrong; he must hang.  The fiddle was still at his side, and he received as a last favor from the court the right to play a tune on it.

He was a master player of his time, and in addition to this came the wonderful power of his charmed fiddle.  Thus, when he struck the first note of “Cockcrow” upon it, the court began at once to show an unusual and spontaneous liveliness, and before he came to the first waltzing turn of the old tune the whole court was dancing like a whirlwind.  Over and over, quicker and quicker, sounded the tune of “Cockcrow” on the charmed fiddle, until some of the dancers, exhausted, fell down, although still keeping their feet in motion.  But Monkey, musician as he was, heard and saw nothing of what had happened around him.  With his head placed lovingly against the instrument, and his eyes half closed, he played on, keeping time ever with his foot.

African fiddle
African fiddle

Wolf was the first to cry out in pleading tones breathlessly, “Please stop, Cousin Monkey! For love’s sake, please stop!”

But Monkey did not even hear him. Over and over sounded the resistless waltz of “Cockcrow.”

After a while Lion showed signs of fatigue, and when he had gone the round once more with his young lion wife, he growled as he passed Monkey, “My whole kingdom is yours, ape, if you just stop playing.”

I do not want it,” answered Monkey, “but withdraw the sentence and give me my bow and arrow, and you, Wolf, acknowledge that you stole it from me.”

I acknowledge, I acknowledge!” cried Wolf, while Lion cried, at the same instant, that he withdrew the sentence.

Monkey gave them just a few more turns of the “Cockcrow,” gathered up his bow and arrow, and seated himself high up in the nearest camel thorn tree.

The court and other animals were so afraid that he might begin again that they hastily disbanded to new parts of the world.

South African Folk Tales, by James A. Honey, 1910, Baker & Taylor Company.

L’Eléphant, la Panthère, l’Hyène et le Bouc

Le Bouc
Le Bouc

Malgré son odeur vraiment désagréable, le bouc est respecté par les autres animaux.  Il passe pour un sage et on écoute ses conseils : d’ailleurs n’est-ce pas lui qui porte la barbiche comme un vieillard ? Mais le bouc n’a pas toujours eu cette réputation, et je vais vous dire comment il l’a acquise.

Autrefois, tous les animaux vivaient en paix.  L’éléphant, la panthère, le bouc et l’hyène étaient alors de bons amis.  Ils travaillaient tous quatre sur une grande plantation qui leur appartenait collectivement.  A l’heure des repas, ils partaient, chacun de leur coté, chercher la nourriture.  Ils faisaient la cuisine, chacun pour soi.  Cela leur prenait beaucoup de temps.

Un jour, ils décident de mieux s’arranger entre eux. C’est  l’hyène qui a cette idée. C’est  elle aussi qui propose un règlement fort simple que les trois autres acceptent aussitôt.  Voici ce règlement qui tient en une seule  phrase : Chacun à notre tour, nous fournirons la viande pour nous quatre, pendant toute une semaine.

Le lendemain l’hyène propose d’ajouter une deuxième phrase.  Voici ce qu’elle veut faire ajouter : Celui qui n’arrivera pas à rassasier les trois autres sera mangé par eux.

Cette règle est acceptée aussitôt par les quatre amis.  Sans réfléchir, le bouc a donné son accord.

Elephant
Elephant

La première  semaine est celle de l’éléphant.  Il va dans la forêt frappant tout ce qui passe à portée de sa trompe.  Il rapporte du gibier en grande quantité.  Il prépare des repas si copieux que les quatre amis ne peuvent en venir à bout.  Les charognards qui viennent mangé les restes ne peuvent plus s’envoler, tellement leur ventre est plein.

La deuxième semaine, c’est la panthère qui reçoit les autres.  Elle leur sert d’énormes quartiers de viande.  Le soir, elle se cache près du marigot, les hautes herbes, et elle attrape les animaux qui viennent boire : singes, antilopes, phacochères … Les ventres des quatre amis sont si pleins qu’ils peuvent à peine travailler sur leur plantation.  La terre parait basse quand on n’arrive plus à se plier.

La troisième semaine est celle de l’hyène.  La nuit, elle va voler des morceaux de viande aux autres animaux et elle les traîne chez elle.  Cette viande laissée par les lions et les charronnages n’est pas toujours très fraîche.  Elle sent parfois mauvais, mais il y en a beaucoup.  En se bouchant le nez, chacun peut manger à sa faim.

Enfin arrive le tour du bouc.  Jusqu’à maintenant il n’y a pas songé et il a mené joyeuse vie.  Quand il s’aperçoit que l’hyène le regarde souvent en se léchant les babines, il commence à comprendre, et il commence à avoir à peur.  Elle est sûre qu’il n’arrivera pas à attraper du gibier : est-ce que vous connaissez un seul bouc capable de chasser ? Continue reading “L’Eléphant, la Panthère, l’Hyène et le Bouc”

Seigneur Crocodile et Jeune Fille

Crocodile
Crocodile

Il était une fois un homme et une femme qui, malgré de longues années de mariage, n’avaient pas d’enfants.  L’épouse s’en désolait et se désespérait.  Un matin, elle parti puiser de l’eau au marigot.  Tout le long du chemin, elle avait pensé au bébé qu’elle n’aurait jamais et son visage était couvert de larmes.  Seigneur Crocodile l’entend pleurer et s’approche : Femme, qu’as-tu ? Pourquoi sanglotes-tu si fort que tu troubles la paix de ma retraite ?

En tremblant, elle lui répond : Seigneur crocodile, je suis mariée depuis seize ans et je n’ai jamais pu donner d’enfant à mon époux.  Quand je vois les bébés des autres femmes, je sens mon cœur se briser et mes entrailles se déchirer. Epris de compassion, Seigneur Crocodile déclare : Femme, si tu désires vraiment un enfant, je puis t’aider ! Mais tu dois d’abord me jurer que tu exécuteras tous mes ordres.

Pleine d’espoir, la pauvre créature essuie ses larmes et donne sa promesse qu’elle obéira en tout à son bienfaiteur.  Parlez ! Je ferai tout ce que vous direz.  Alors seigneur crocodile lui dit : Retourne chez toi.  Prends trois œufs et apporte-les-moi.

La femme part aussitôt.  Quelques instants plus tard, elle est de retour avec les œufs et les offre au seigneur crocodile. Celui-ci les prend gravement et continue :  Ecoute-moi bien maintenant!  dans neuf lunes, ton enfant naîtra.  Si c’est un garçon, élève-le dans le respect de ceux de mon espèce.  Il faut qu’il devienne notre ami, et ne nous fasse jamais la guerre en souvenir de moi.  Si c’est une fille, alors, prépare-la à devenir mon épouse dès qu’elle aura éteint l’âge oublie.

–  C’est promis ! seigneur crocodile, grand merci de votre bonté.  Je raconterai à mon mari ce que vous avez fait pour nous et nous tiendrons parole, s’écrie la femme transportée de joie. Continue reading “Seigneur Crocodile et Jeune Fille”

Le Bœuf, le Cochon et l’Araignée

Cochon
Cochon

Il y avait une fois un village bien malheureux car, malgré tous les efforts des villageois, les cultures n’avaient pas poussé.  La nourriture manquait et tout le monde était devenu maigre et bien affamé.  Cochon, Bœuf et Araignée, trois habitants de cette infortunée région, erraient chaque jour dans la brousse en quête de quelque chose à se mettre sous la dent.

Un beau matin, Cochon, tout affaibli par la disette, se lamente sur le chemin à l’entrée du village lorsque, compère bœuf vient à passer.  Surpris de la mine florissante de celui-ci, cochon l’interpelle :« Holà, mon compère, d’où te vient ta belle mine alors que, tous ici, nous mourons de faim et tombons en faiblesse? »

Bœuf accélère son allure et passe devant le cochon sans répondre, comme s’il n’avait pas entendu la question.  Cochon comprend qu’il y a là quelque chose de louche et se met à observer attentivement son ami.  Plusieurs jours de suite, il se cache dans des arbustes au bord du chemin, et voit passer chaque matin Bœuf qui va toujours dans la même direction.  Chaque soir, Bœuf revient tranquillement au village et tandis que la faim ronge son malheureux compère, il semble lui au contraire, prendre un embonpoint de plus en plus dodu.  Alors n’y  tenant plus et sentant sa fin prochaine, cochon s’écrie en lui barrant la route.  « Compère!  Compère!  Tu grossis à vue d’œil alors que je me meurs.  Par pitié, dis-moi ou tu trouves tant de nourriture, ou j’appelle tous les habitants du village pour leur signaler ta conduite.  A nous tous, nous  saurons bien t’obliger à nous révéler ton secret. »

Bœuf
Bœuf

Bœuf s’arrête, réfléchit et déclare enfin: « Frère, tu me fais pitié. Jure-moi de ne rien révéler à personne et je viendrai à ton secours.

Je le jure

Demain matin, accompagne-moi dans la forêt et tu sauras tout. »

Le lendemain, tous deux s’en vont ensemble à travers la foret.  Parvenus à une clairière, ils trouvent une grosse meule. Alors Bœuf s’approche et dit haute voix : « Meule, prépare-moi a manger! »  En un instant, la meule prépare un bon repas et Les deux compagnons le dévorent.  Quand il a fini, cochon ordonne à la meule : « Meule prépare-moi encore à manger!»  La meule obéit aussitôt.  Bien repus les deux amis reviennent au village.  Et, tous les matins désormais, ils vont dans la clairière et la meule magique les nourrit.  Bientôt, cochon à son tour devient très gros.  Ce phénomène attire l’attention d’Araignée.  Il attend que ses compagnons soient revenus chez eux et va rendre visite à cochon.  « Cochon, mon bon ami, aide-moi.  Je vois que tu sais trouver assez de nourriture pour devenir gros et gras.  Si tu ne viens pas à mon secours, je vais appeler tous les habitants du village et on saura bien te contraindre à nous dire ou tu trouves à manger! » Continue reading “Le Bœuf, le Cochon et l’Araignée”

Comment L’Araignee obtint la Nourriture sans Travailler

Yevi, l'Araignée
Yevi, l’Araignée

Il était une fois dans un petit village, Yévi l’Araignée.  Yevi avait quatre femmes et beaucoup d’enfants.  Il possédait un grand champ qu’il travaillait avec ses fils.  Le soir, ils revenaient tous ensemble vers leur maison et partageaient entre eux la nourriture.  Mais Yevi était très astucieux et très vorace.  Jamais il ne se satisfaisait de la part de repas qu’on lui donnait et il réfléchissait constamment au moyen de s’approprier tous les meilleurs produits de son champ sans avoir à en distribuer à ses femmes et à ses enfants.

Voici la ruse qu’il avait inventée :

Un beau matin, il se plaint de sa tête et de son ventre et déclare qu’il est trop malade pour aller travailler.  Il reste donc tranquillement étendu sur sa natte durant toute la journée.  Chaque fois qu’une de ses épouses, inquiète, s’approche de lui, il pousse de sourds gémissements.  Lorsque la nuit tombe, ses fils reviennent au village et vont aussitôt prendre nouvelle de leur père.

Champs Africains
Champs Africains

Toute le famille se rassemble dans la case de Yevi et s’installe au chevet du faux malade …Quand celui–ci voit que toutes ses femmes et tous ses enfants sont auprès de lui il ouvre les yeux et d’une voix expirante leur dit :

Pauvre de moi! hélas! … hélas! … Je sens … que… Je … Vais mourir … Hélas !… Quelle douleur !…

Aussitôt, les épouses se mettent à sangloter … Yevi  reprend alors la parole.

Approchez mes fils … Approchez … Je veux vous donner mes dernières instructions…

Les garçons viennent s’asseoir tout près du soi-disant moribond et prêtent une oreille attentive aux paroles que leur père prononce d’une voix de plus en plus faible.

Après ma mort, vous irez … m’enterrer … dans mon champ … Vous creuserez un grand trou … pour y déposer mon cercueil … N’oubliez pas !… Je veux que le cercueil reste grand ouvert … Et que la tombe ne soit pas refermée … Afin que mon esprit puisse venir vous protéger tous … Autour de la tombe ,vous déposerez  en offrande les aliments qui me permettront de faire le grand voyage dans l’au-delà … N’annoncez ma mort à personne … Et si quelqu’un vous question à mon sujet, dites que je suis parti en voyage …

Continue reading “Comment L’Araignee obtint la Nourriture sans Travailler”