Jackal and Hyena were together, it is said, when a white cloud rose. Jackal descended upon it, and ate of the cloud as if it were fat.
When he wanted to come down, he said to Hyena, “My sister, as I am going to divide with thee, catch me well.” So she caught him, and broke his fall. Then she also went up and ate there, high up on the top of the cloud.
When she was satisfied, she said, “My greyish brother, now catch me. well.” The greyish rogue said to his friend, “My sister, I shall catch thee well. Come therefore down.”
He held up his hands, and she came down from the cloud, and when she was near, Jackal cried out (painfully jumping to one side), “My sister, do not take it ill. Oh me! Oh me! A thorn has pricked me and sticks in me.” Thus she fell down from above, and was sadly hurt.
Since that day, it is said that Hyena’s hind feet have been shorter and smaller than the front ones.
South African Folk Tales, by James A. Honey, 1910, Baker & Taylor Company.
Regarde la paume de la main. Elle est toute striée de lignes. De lignes. Certaines sont longues et profondes. Les autres sont moins profondes mais plus serrées. C’est leur dessin qu’on appelle empreintes digitales.Et bien, il parait qu’autrefois nos ancêtres ne connaissaient pas ces lignes: la paume de leurs mains était parfaitement lisse. Si tu veux savoir comment elles sont apparues, écoute l’histoire que m’a racontée, un soir, le vieux koriste.
Un pécheur avait deux femmes. L’une, Ahou, était la mère de nombreux enfants. L’autre, Adjoua, ne pouvait en avoir: elle était stérile.
Naturellement, Ahou et ses enfants se moquaient sans cesse d’Adjoua et celle-ci ne pouvait que pleurer devant les railleries et les insolences de sa rivale.
Au début le pêcheur avait défendu Adjoua, mais peu à peu il se désintéressait d’elle et l’avenir, sans enfants, lui apparaissait bien triste.
Un jour qu’elle se sentait particulièrement malheureuse, Adjoua prit une décision : elle irait consulter la vieille Aya et grâce à ses remèdes, elle aurait des enfants.
Aya était une très vieille femme qui connaissait parfaitement toutes les plantes de la forêt. Elle connaissait non seulement le nom secret de ces plantes mais aussi la façon de les récolter, de les préparer pour obtenir des remèdes efficaces. On racontait que grâce à Aya beaucoup de femmes qu’on croyait définitivement stériles avaient pu avoir de nombreux enfants.
Seulement il n’était pas facile de se rendre auprès de cette guérisseuse car elle vivait à l’écart de tout village et bien des femmes l’avaient cherchée en vain. Les difficultés de l’entreprise ne découragent pas Adjoua. Pendant toute une lune, elle prépare soigneusement son voyage, en grand secret. Et le matin prévu pour le départ arrive. Le pêcheur est alors sur la lagune, en train de relever ses nasses. Ahou, la rivale, entourée de tous ses enfants, est occupée à piler des bananes plantations pour le foutou. Adjoua pose une grande calebasse sur sa tête et fait semblant d’aller chercher de l’eau au marigot. Mais dans la calebasse elle a dissimulé un petit ballot bien serré contenant des pagnes et tous les bijoux qu’elle possède.
Les mains
Les dernières cases du village dépassées, elle commence à courir. Elle pense: Si je ne rencontre pas Aya ou si ses remèdes sont impuissants, je ne rentrerai plus jamais au village ! Le voyage dure huit jours et pourtant elle s’arrête à peine pour se reposer. Le soir du huitième jour elle aperçoit la case de la guérisseuse. La vieille femme est occupée à écraser des graines rouges entre deux pierres. Sans lever la tête, sans interrompre son travail, elle prend la parole: Tu es Adjoua, je sais pourquoi tu viens me voir ton courage sera récompensé. Je t’ai préparé un remède qui te donnera l’enfant que tu désires. Prends le paquet de feuilles posé sur la pierre du foyer: tu en feras une infusion que tu boiras. Mais attention! Veille à ce que l’enfant ne pleure pas et, surtout, qu’il ne s’approche jamais de la lagune. Sinon, il ne serait plus à toi. Tu peux partir. Tu ne me dois rien.Et la vieille continue à écraser ses graines rouges sur la meule dormante. Elle n’a même pas levé la tête. Adjoua, stupéfaite, n’a même pas vu son visage. Elle se retrouve sur le chemin du retour, serrant contre elle son précieux paquet d’herbes.
Quelques mois plus tard, elle donne naissance à un garçon. Ahou est folle de jalousie. Ses enfants et elle cherche toutes les occasions possible de faire de la peine à Adjoua; ils appellent son fils : Enfant de plantes.
Adjoua fait semblant de ne pas entendre et l’enfant grandit heureux, serré dans un pagne sur le dos de sa mère. Un jour Ahou prétend que le fils d’Adjoua a mordu le doigt de sa fille. Elle frappe l’enfant et le chasse sur le sentier qui descend vers la lagune. Il avance de plus en plus vite, comme attiré par l’eau. Alertée par les hurlement de sa rivale, Adjoua ,qui est aux champs, accourt. Mais il est trop tard. Et il continue d’avancer, sourd aux appels de sa mère. Elle réussit à le rattraper et à l’empoigner par les cheveux. Hélas! seuls les cheveux lui restent dans la main. C’est tout ce qu’elle garde de son enfant.
Et c’est ce que nous conservons aussi dans la paume de nos mains.
Conte tiré de “Contes des Lagunes et Savanes,” Collection ‘Fleuve et Flamme,’ édition Edicef, 1975
THE ant has had from time immemorial many enemies, and because he is small and destructive, there have been a great many slaughters among them. Not only were most of the birds their enemies, but Anteater lived almost wholly from them, and Centipede beset them every time and at all places when he had the chance. So now there were a few among them who thought it would be well to hold council together and see if they could not come to some arrangement whereby they could retreat to some place of safety when attacked by robber birds and aninials. But at the gathering their opinions were most discordant, and they could come to no decision.
There was Red-ant, Rice-ant, Black-ant, Wagtail-ant, Gray-ant, Shining-ant, and many other varieties. The discussion was a true babel of diversity, which continued for a long time and came to nothing. A part desired that they should all go into a small hole in the ground, and live there; another part wanted to have a large and strong dwelling built on the ground, where nobody could enter but an ant; still another wanted to dwell in trees, so as to get rid of Anteater, forgetting entirely that there they would be the prey of birds; another part seemed inclined to have wings and fly. And, as has already been said, this deliberation amounted to nothing, and each party resolved to go to work in its own way, and on its own responsibility.
Black ant
Greater unity than that which existed in each separate faction could be seen nowhere in the world; each had his appointed task, each did his work regularly and well. And all worked together in the same way. From among them they chose a king-that is to say some of the groups did-and they divided the labor so that all went as smoothly as it possibly could. But each group did it in its own way, and not one of them thought of protecting themselves against the onslaught of birds or Anteater.
The Red-ants built their house on the ground and lived under it, but Anteater leveled to the ground in a minute what had cost them many days of precious labor. The Rice-ants lived under the ground, and with them it went no better. For whenever they came out, Anteater visited them and took them out sack and pack. The Wagtail-ants fled to the trees, but there on many occasions sat Centipede waiting for them, or the birds gobbled them up. The Gray-ants had intended to save themselves from extermination by taking to flight, but this also availed them nothing, because the Lizard, the Hunting-spider, and the birds went a great deal faster than they.
When the Insect-king heard that they could come to no agreement he sent them the secret of unity, and the message of Work-together. But unfortunately he chose for his messenger the Beetle, and he has never yet arrived at the Ants, so that they are still to-day the embodiment of discord and consequently the prey of enemies.
South African Folk Tales, by James A. Honey, 1910, Baker & Taylor Company.
Malgré son odeur vraiment désagréable, le bouc est respecté par les autres animaux. Il passe pour un sage et on écoute ses conseils : d’ailleurs n’est-ce pas lui qui porte la barbiche comme un vieillard ? Mais le bouc n’a pas toujours eu cette réputation, et je vais vous dire comment il l’a acquise.
Autrefois, tous les animaux vivaient en paix. L’éléphant, la panthère, le bouc et l’hyène étaient alors de bons amis. Ils travaillaient tous quatre sur une grande plantation qui leur appartenait collectivement. A l’heure des repas, ils partaient, chacun de leur coté, chercher la nourriture. Ils faisaient la cuisine, chacun pour soi. Cela leur prenait beaucoup de temps.
Un jour, ils décident de mieux s’arranger entre eux. C’est l’hyène qui a cette idée. C’est elle aussi qui propose un règlement fort simple que les trois autres acceptent aussitôt. Voici ce règlement qui tient en une seule phrase : Chacun à notre tour, nous fournirons la viande pour nous quatre, pendant toute une semaine.
Le lendemain l’hyène propose d’ajouter une deuxième phrase. Voici ce qu’elle veut faire ajouter : Celui qui n’arrivera pas à rassasier les trois autres sera mangé par eux.
Cette règle est acceptée aussitôt par les quatre amis. Sans réfléchir, le bouc a donné son accord.
Elephant
La première semaine est celle de l’éléphant. Il va dans la forêt frappant tout ce qui passe à portée de sa trompe. Il rapporte du gibier en grande quantité. Il prépare des repas si copieux que les quatre amis ne peuvent en venir à bout. Les charognards qui viennent mangé les restes ne peuvent plus s’envoler, tellement leur ventre est plein.
La deuxième semaine, c’est la panthère qui reçoit les autres. Elle leur sert d’énormes quartiers de viande. Le soir, elle se cache près du marigot, les hautes herbes, et elle attrape les animaux qui viennent boire : singes, antilopes, phacochères … Les ventres des quatre amis sont si pleins qu’ils peuvent à peine travailler sur leur plantation. La terre parait basse quand on n’arrive plus à se plier.
La troisième semaine est celle de l’hyène. La nuit, elle va voler des morceaux de viande aux autres animaux et elle les traîne chez elle. Cette viande laissée par les lions et les charronnages n’est pas toujours très fraîche. Elle sent parfois mauvais, mais il y en a beaucoup. En se bouchant le nez, chacun peut manger à sa faim.
Enfin arrive le tour du bouc. Jusqu’à maintenant il n’y a pas songé et il a mené joyeuse vie. Quand il s’aperçoit que l’hyène le regarde souvent en se léchant les babines, il commence à comprendre, et il commence à avoir à peur. Elle est sûre qu’il n’arrivera pas à attraper du gibier : est-ce que vous connaissez un seul bouc capable de chasser ?Continue reading “L’Eléphant, la Panthère, l’Hyène et le Bouc”→
Il était une fois un homme et une femme qui, malgré de longues années de mariage, n’avaient pas d’enfants. L’épouse s’en désolait et se désespérait. Un matin, elle parti puiser de l’eau au marigot. Tout le long du chemin, elle avait pensé au bébé qu’elle n’aurait jamais et son visage était couvert de larmes. Seigneur Crocodile l’entend pleurer et s’approche : Femme, qu’as-tu ? Pourquoi sanglotes-tu si fort que tu troubles la paix de ma retraite ?
En tremblant, elle lui répond : Seigneur crocodile, je suis mariée depuis seize ans et je n’ai jamais pu donner d’enfant à mon époux. Quand je vois les bébés des autres femmes, je sens mon cœur se briser et mes entrailles se déchirer. Epris de compassion, Seigneur Crocodile déclare : Femme, si tu désires vraiment un enfant, je puis t’aider ! Mais tu dois d’abord me jurer que tu exécuteras tous mes ordres.
Pleine d’espoir, la pauvre créature essuie ses larmes et donne sa promesse qu’elle obéira en tout à son bienfaiteur. Parlez ! Je ferai tout ce que vous direz. Alors seigneur crocodile lui dit : Retourne chez toi. Prends trois œufs et apporte-les-moi.
La femme part aussitôt. Quelques instants plus tard, elle est de retour avec les œufs et les offre au seigneur crocodile. Celui-ci les prend gravement et continue : Ecoute-moi bien maintenant! dans neuf lunes, ton enfant naîtra. Si c’est un garçon, élève-le dans le respect de ceux de mon espèce. Il faut qu’il devienne notre ami, et ne nous fasse jamais la guerre en souvenir de moi. Si c’est une fille, alors, prépare-la à devenir mon épouse dès qu’elle aura éteint l’âge oublie.
– C’est promis ! seigneur crocodile, grand merci de votre bonté. Je raconterai à mon mari ce que vous avez fait pour nous et nous tiendrons parole, s’écrie la femme transportée de joie. Continue reading “Seigneur Crocodile et Jeune Fille”→
Autrefois, il y a bien longtemps, les tortues avaient une belle carapace toute lisse. Ce conte va vous dire comment cette carapace est devenue rugueuse et pleine de bosses.
C’était une époque de famine. Dans tout le pays, les habitants cherchaient vainement un peu de nourriture pour apaiser leur faim. Or, un jour, lézard, affamé, est en train d’errer dans un champ quand il voit arriver le propriétaire de celui-ci, un chat bien gras. Lézard est étonné de cet embonpoint dans une période de disette. Il se cache pour observer. Chat se dirige vers une lourde roche et s’écrie : Rocher, soulève-toi. Et le rocher se soulève, découvrant une caverne pleine d’ignames. Puis chat entre dans la caverne pleine d’ignames. Puis chat entre dans la caverne et mange. Quand il a fini, il ressort et dit : Rocher, ferme-toi. Et le rocher se referme.
Lézard a tout vu et tout entendu ; il s’en retourne chez lui en réfléchissant. Au point du jour, le lendemain, il va dans le champ et fait comme le chat. Le rocher se soulève, lézard entre dans la caverne, prend quelques ignames et mange copieusement. A partir de ce moment, tous les matins, il renouvelle son sol.
Bientôt, il grossit et retrouve bonne mine. Or, un soir, il rencontre tortue qui s’étonne de lui voir si belle apparence.
Où trouves-tu de la nourriture, pendant cette famine ? Lui demande-t-elle
– je ne peux pas te le dire, répond lézard.
Si on le savait, met à le supplier :
Par pitié, mon compère, emmène-moi avec toi quand tu iras te nourrir. Je jure que je n’en parlerai à personne.
Lezard
– bon ! dit le lézard, viens m’éveiller au premier chant du cop. Je te montrerai mon secret. Pendant toute la nuit, la tortue ne peut fermer l’œil tant il lui tarde d’être au lendemain. Dans son impatience, elle se rend chez lézard avant le chant du cop. Pour éveiller celui-ci, elle se met à pousser un grand cri : cocorico !cocorico ! Et elle appelle lézard : Compère, Compère le coq a chanté, lève-toi vite.
Mais lézard voit que le ciel est encore tout noir et lui crie : Laisse-moi dormir ma commère. Ce n’est pas l’heure ! Le coq n’a pas encore chanté. Déçue, la tortue revient chez elle et se recouche. Le coq chante enfin. Tortue et lézard se mettent aussitôt en route. Une fois parvenus au champ, ils vont auprès du gros rocher. Lézard ordonne : Rocher, soulève-toi . Le rocher se soulève. Lézard entre dans la caverne, prend des ignames et ressort.
Maintenant, il faut partir !dit-il.
– pas encore, répond tortue, je veux entrer moi aussi pour prendre des ignames. Fais le guet pendant ce temps !
– D’accord ! fait lézard. Mais dès qu’elle a tourné le dos, il s’en va. Tortue est très vorace. Elle veut emporter une grosse quantité d’ignames et en suspend à sa tête, à ses bras, à ses bras, à ses pieds, en accroche même à ses cheveux.
Quand à lézard, à peine revenu chez lui, il allume un grand feu, puis s’étend sur le sol, le ventre en faisant le mort.
Tortue ressort enfin de la caverne, couverte de provisions. Mais elle ne connaissait pas le moyen d’abaisser le rocher. Elle pousse, tire, crie. En vain ! Et tout à coup, chat le propriétaire, survient. Il se jette sur la tortue en le traitant de voleuse. Il la frappe violemment et l’attache avec une corde. Tortue, terrorisée, crie : Ce n’est pas moi, c’est lézard ! Grace ! Grâce ! Ce n’est pas moi, c’est lézard le voleur !
Chat
– C’est ce que nous allons voir! grommelle le chat. Et il l’entraîne jusqu’à la maison de lézard. Ils trouvent lézard, sur le sol, le ventre en l’air, comme s’il était mort.
Cette tortue affirme que c’est toi qui l’a emmenée dans mon champ voler mes ignames déclare chat.
Comment cela serait-il possible, seigneur chat ? Fait lézard d’une voix plaintive. Je suis ici couché, presque mort depuis trois mois. Il y a bien longtemps que je ne suis allé dans le champ de qui que ce soit.
Alors le chat déchire tortue avec ses griffes pointues pour lui donner une leçon. Puis il part, la laissant en bien mauvais état. Elle gémissait et regardait autour d’elle pour voir si quelqu’un viendrait à son secours. Enfin elle aperçoit un cancrelat et une fourmi.
Cancrelat, et fourni viennent auprès d’elle et la raccommodent. Mais ils ne pouvaient pas bien faire ce travail, avec tous les morceaux d’ignames qui étaient collés partout.
Et c’est ainsi que la carapace de tortue est devenue toute bosselée, toute écailleuse et rugueuse maintenant.
Conte tiré de “Contes des Lagunes et Savanes,” Collection ‘Fleuve et Flamme,’ édition Edicef, 1975
Il y avait une fois un village bien malheureux car, malgré tous les efforts des villageois, les cultures n’avaient pas poussé. La nourriture manquait et tout le monde était devenu maigre et bien affamé. Cochon, Bœuf et Araignée, trois habitants de cette infortunée région, erraient chaque jour dans la brousse en quête de quelque chose à se mettre sous la dent.
Un beau matin, Cochon, tout affaibli par la disette, se lamente sur le chemin à l’entrée du village lorsque, compère bœuf vient à passer. Surpris de la mine florissante de celui-ci, cochon l’interpelle :« Holà, mon compère, d’où te vient ta belle mine alors que, tous ici, nous mourons de faim et tombons en faiblesse? »
Bœuf accélère son allure et passe devant le cochon sans répondre, comme s’il n’avait pas entendu la question. Cochon comprend qu’il y a là quelque chose de louche et se met à observer attentivement son ami. Plusieurs jours de suite, il se cache dans des arbustes au bord du chemin, et voit passer chaque matin Bœuf qui va toujours dans la même direction. Chaque soir, Bœuf revient tranquillement au village et tandis que la faim ronge son malheureux compère, il semble lui au contraire, prendre un embonpoint de plus en plus dodu. Alors n’y tenant plus et sentant sa fin prochaine, cochon s’écrie en lui barrant la route. « Compère! Compère! Tu grossis à vue d’œil alors que je me meurs. Par pitié, dis-moi ou tu trouves tant de nourriture, ou j’appelle tous les habitants du village pour leur signaler ta conduite. A nous tous, nous saurons bien t’obliger à nous révéler ton secret. »
Bœuf
Bœuf s’arrête, réfléchit et déclare enfin: « Frère, tu me fais pitié. Jure-moi de ne rien révéler à personne et je viendrai à ton secours.
– Je le jure
– Demain matin, accompagne-moi dans la forêt et tu sauras tout. »
Le lendemain, tous deux s’en vont ensemble à travers la foret. Parvenus à une clairière, ils trouvent une grosse meule. Alors Bœuf s’approche et dit haute voix : « Meule, prépare-moi a manger! » En un instant, la meule prépare un bon repas et Les deux compagnons le dévorent. Quand il a fini, cochon ordonne à la meule : « Meule prépare-moi encore à manger!» La meule obéit aussitôt. Bien repus les deux amis reviennent au village. Et, tous les matins désormais, ils vont dans la clairière et la meule magique les nourrit. Bientôt, cochon à son tour devient très gros. Ce phénomène attire l’attention d’Araignée. Il attend que ses compagnons soient revenus chez eux et va rendre visite à cochon. « Cochon, mon bon ami, aide-moi. Je vois que tu sais trouver assez de nourriture pour devenir gros et gras. Si tu ne viens pas à mon secours, je vais appeler tous les habitants du village et on saura bien te contraindre à nous dire ou tu trouves à manger! » Continue reading “Le Bœuf, le Cochon et l’Araignée”→
Il était une fois dans un petit village, Yévi l’Araignée. Yevi avait quatre femmes et beaucoup d’enfants. Il possédait un grand champ qu’il travaillait avec ses fils. Le soir, ils revenaient tous ensemble vers leur maison et partageaient entre eux la nourriture. Mais Yevi était très astucieux et très vorace. Jamais il ne se satisfaisait de la part de repas qu’on lui donnait et il réfléchissait constamment au moyen de s’approprier tous les meilleurs produits de son champ sans avoir à en distribuer à ses femmes et à ses enfants.
Voici la ruse qu’il avait inventée :
Un beau matin, il se plaint de sa tête et de son ventre et déclare qu’il est trop malade pour aller travailler. Il reste donc tranquillement étendu sur sa natte durant toute la journée. Chaque fois qu’une de ses épouses, inquiète, s’approche de lui, il pousse de sourds gémissements. Lorsque la nuit tombe, ses fils reviennent au village et vont aussitôt prendre nouvelle de leur père.
Champs Africains
Toute le famille se rassemble dans la case de Yevi et s’installe au chevet du faux malade …Quand celui–ci voit que toutes ses femmes et tous ses enfants sont auprès de lui il ouvre les yeux et d’une voix expirante leur dit :
Pauvre de moi! hélas! … hélas! … Je sens … que… Je … Vais mourir … Hélas !… Quelle douleur !…
Aussitôt, les épouses se mettent à sangloter … Yevi reprend alors la parole.
Approchez mes fils … Approchez … Je veux vous donner mes dernières instructions…
Les garçons viennent s’asseoir tout près du soi-disant moribond et prêtent une oreille attentive aux paroles que leur père prononce d’une voix de plus en plus faible.
Après ma mort, vous irez … m’enterrer … dans mon champ … Vous creuserez un grand trou … pour y déposer mon cercueil … N’oubliez pas !… Je veux que le cercueil reste grand ouvert … Et que la tombe ne soit pas refermée … Afin que mon esprit puisse venir vous protéger tous … Autour de la tombe ,vous déposerez en offrande les aliments qui me permettront de faire le grand voyage dans l’au-delà … N’annoncez ma mort à personne … Et si quelqu’un vous question à mon sujet, dites que je suis parti en voyage …
Jackal, it is said, came once to Dove, who lived on the top of a rock, and said, “Give me one of your little ones.”
Dove answered, “I shall not do anything of the kind.”
Jackal said, “Give me it at once! Otherwise, I shall fly up to you.” Then she threw one down to him.
He came back another day and demanded another little one, and she gave it to him. After Jackal had gone, Heron came, and asked, “Dove, why do you cry? “
Dove
Dove answered him, “Jackal has taken away my little ones; it is for this that I cry.” He asked her, “In what manner did he take them?” She answered him, “When he asked me I refused him; but when he said, ‘I shall at once fly up, therefore give me it,’ I threw it down to him.“
Heron said, “Are you such a fool as to give your young ones to Jackal, who cannot fly?” Then, with the admonition to give no more, he went away.
Jackal came again, and said, “Dove, give me a little one.” Dove refused, and told him that Heron had told her that he could not fly up.
Heron
Jackal said, “I shall catch him.”
So when Heron came to the banks of the water, Jackal asked him: “Brother Heron, when the wind comes from this side, how will you stand?” He turned his neck towards him and said, “I stand thus, bending my neck on one side.” Jackal asked him again, “When a storm comes and when it rains, how do you stand?” He said to him: “I stand thus, indeed, bending my neck down.”
Then Jackal beat him on his neck, and broke his neck in the middle. Since that day Heron’s neck is bent.
South African Folktales, J.A. Honey, 1910, Baker and Taylor Company.
The Baboons, it is said, used to disturb the Zebra Mares in drinking. But one of the Mares became the mother of a foal. The others then helped her to suckle (the young stallion), that he might soon grow up. When he was grown up and they were in want of water, he brought them to the water. The Baboons, seeing this, came, as they formerly were used to do, into their way, and kept them from the water.
While the Mares stood thus, the Stallion stepped forward, and spoke to one of the Baboons, “Thou gum-eater’s child!”
Baboon
The Baboon said to the Stallion, “Please open thy mouth, that I may see what thou livest on.” The Stallion opened his mouth, and it was milky.
Then the Stallion said to the Baboon, “Please open thy mouth also, that I may see,” The Baboon did so, and there was some gum in it. But the Baboon quickly licked some milk off the Stallion’s tongue. The Stallion on this became angry, took the Baboon by his shoulders, and pressed him upon a hot, flat rock. Since that day the Baboon has a bald place on his back.
The Baboon said, lamenting, “I, my mother’s child, I, the gum-eater, am outdone by this milkeater!”
South African Folktales, J.A. Honey, 1910, Baker and Taylor Company.